L’AMF devra se prononcer sur le droit à présenter une résolution en AG
Alors que le groupe de travail de l’AMF n’a plus que deux mois pour finaliser ses recommandations sur le fonctionnement des assemblées générales des sociétés cotées, aucune avancée majeure ne semble encore émerger…
Au cœur des discussions figure la question des résolutions. Dans un souci de juste information des actionnaires, le conseil devrait présenter les motivations sous-jacentes et les enjeux des résolutions. Mais qu’en-est-il des demandes d’inscription à l’ordre du jour de résolutions ou de «points» pour les actionnaires détenant 5% du capital social ou moins en fonction de la taille de la société (art. R225-71 du code de commerce) comme le prévoit la directive droit des actionnaires transposée en droit français l’an dernier ? Les discussions sont plus âpres.
Si certains évoquent une modification de ce seuil, et au préalable une comparaison avec les autres pratiques européennes, d’autres militent pour l’interdiction de dépôts de résolutions, de «points» et de questions écrites en dehors de l’ordre du jour. Or, une telle pratique ne semble pas conforme à une véritable démocratie actionnariale, où seul l’émetteur serait décisionnaire. En cas de refus d’une société d’inscrire un projet de résolution à l’ordre du jour, l’AMF pourrait-elle alors se saisir du dossier et rendre un avis impartial ?
Le conflit qui a opposé PhiTrust et Total au printemps dernier reste dans toutes les mémoires. La société de gestion s’était assurée le soutien d’investisseurs à hauteur de 0,9% du capital de Total sur une demande de résolution sur les risques liés aux projets d’exploitation des sables bitumineux. Mais deux investisseurs se sont retirés en dernière minute, faisant tomber PhiTrust et ses alliés sous le seuil légal de 0,5%. L’actuel groupe de travail de l’AMF devrait donc émettre des recommandations pour éviter de tels dysfonctionnements.
Quant aux réflexions très attendues sur le bureau de l’assemblée, rien de nouveau ne paraît émerger pour le moment, le groupe de place ne semblant pas vouloir reconnaître le droit au bureau de suspendre les droits de vote d’un actionnaire en dehors du cas de déclaration irrégulière.
D’autres questions sont aussi en débat : les investisseurs institutionnels doivent-ils ou non indiquer à la société le sens de leur vote avant l’assemblée générale? Le dialogue avec les émetteurs en serait-il amélioré ? Faut-il prendre des règles spécifiques pour les valeurs moyennes ?
Plus d'articles du même thème
-
Tesla fait face à une concurrence plus vive sur le marché français
Alors que les immatriculations neuves de véhicules électriques ont plus que doublé sur un an en octobre, celles du constructeur américain ont progressé de 35,3%. -
En octobre, les vents contraires se sont abattus sur les marchés financiers
Entre la flambée des prix de l’énergie, la hausse des taux longs mondiaux, l'envolée sur spread de la France et la correction sur les valeurs IA, le mois d’octobre a bien ressemblé au mois de tous les dangers pour les places boursières. -
L'activité manufacturière dans la zone euro a continué d'augmenter en octobre
L'indice PMI du secteur manufacturier de la zone euro s'est établi à 52,7 le mois dernier.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
Contenu de nos partenaires
-
De l’eau au luxe, sans transition
Bien avant que la RSE ne s’impose dans le monde de l’entreprise, Hélène Valade, aujourd’hui directrice Développement Environnement de LVMH, faisait déjà des enjeux environnementaux et sociaux un fil conducteur de son parcours. -
Crise politique en Pologne : pourquoi Marine Le Pen s’est-elle attiré les foudres de Varsovie ?
Dimanche, Marine Le Pen a apporté son soutien à l’extrême droite polonaise, qui accuse le gouvernement de tentative de coup d’Etat après la suspension du président du Tribunal constitutionnel -
A l'est du nouveau« Koalicja » : la « Coalition des volontaires » teste sa future force militaire
La Force multinationale pour l'Ukraine va réaliser son premier test grandeur nature en Pologne, sous leadership français et britannique. Et, comme prévu, sans les Etats-Unis.