L’AMF constate des carences dans l’information afférente aux offres sur SFR
A cinq jours de la décision finale de Vivendi concernant la cession de sa filiale SFR, Bouygues redouble d’ardeur pour remporter la mise face à Numericable. Selon le JDD qui cite plusieurs sources proches du dossier, le groupe de BTP a pris contact avec le fonds souverain du Qatar pour soutenir financièrement son projet. L’objectif est en effet de trouver de nouveaux partenaires «susceptibles de racheter la part de 21% que Vivendi conservera dans Bouygues-SFR».
Mais, poursuit le journal, «la position de l’émirat se révèle délicate alors qu’il est déjà actionnaire de Vivendi», en ajoutant que ce risque de conflit d’intérêt «concerne aussi la Caisse des dépôts (CDC), partenaire des deux camps». La CDC, qui a apporté un soutien financier de 300 millions d’euros à Bouygues dans sa dernière offre, s’est adjoint deux banques conseils sur ce dossier, a appris vendredi L’Agefi. Il s’agit de Nomura et de la Compagnie Financière du Lion, une boutique qui l’a déjà conseillé sur le montage de ses fonds infrastructures et de ses partenariats avec les fonds souverains.
D’autres fonds comme CVC, Eurazeo, KKR ou Apollo auraient par ailleurs été approchés par Bouygues pour un ticket d’entrée d’environ 500 millions d’euros, les deux derniers ayant décliné l’offre, croit savoir le journal dominical. Parmi les grandes fortunes françaises susceptibles de l’appuyer aux côtés des Pinault et Decaux, «la famille Dassault a été sollicitée pour participer au tour de table».
Alors que Numericable se dit «confiant et serein» face à l’offre de Bouygues, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a de son côté jugé nécessaire vendredi soir de rappeler à l’ordre l’ensemble des parties prenantes, après avoir constaté des insuffisances en matière de communication financière. Elle précise avoir demandé à plusieurs reprises à Bouygues, à Altice, maison-mère de Numericable, ainsi qu’à Vivendi, la communication d’éléments d’information supplémentaires, en rappelant qu’elles doivent, en tant que sociétés cotées, «fournir au marché une information exacte, précise et sincère».
«Ces demandes n’ayant à ce jour reçu que des réponses partielles, l’AMF réaffirme la nécessité d’informer le marché des caractéristiques des offres en présence». L’Autorité rappelle enfin à ces sociétés qu’elles «s’exposent à des risques de sanction en cas de non-respect de la réglementation boursière».
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