L’américain FMC veut être actif dans la consolidation du secteur agrochimique
Le recentrage récent de FMC Corp autour de l’agrochimie a attisé ses ambitions dans ce secteur. A l’occasion de l’assemblée annuelle des entreprises chimiques américaines (American Chemistry Council) qui s’est tenue hier, le groupe a indiqué qu’il envisagerait avec grand intérêt le rachat de marques de pesticides qui seraient mises en vente par Monsanto, si celui-ci parvient à mettre la main sur le suisse Syngenta. Ce dernier a rejeté en mai une offre de rachat de 45 milliards de dollars (40,4 milliards d’euros) de Monsanto, en jugeant qu’elle le sous-valorisait et ne prenait pas suffisamment en compte les obstacles en matière de concurrence.
Monsanto a fait savoir qu’il était prêt à vendre les activités de semences de Syngenta et certains actifs dans la chimie pour apaiser les autorités de régulation. «Lorsque de telles fusions ont lieu, il y a toujours des lignes produits qui doivent être cédées pour des raisons réglementaires», a déclaré Pierre Brondeau, directeur général de FMC. En avril dernier, le groupe a vendu ses activités de cristaux de soude et racheté pour 1,8 milliard de dollars le fabricant de pesticides danois Cheminova. FMC s’est ainsi hissé d’un coup au troisième rang mondial des fabricants de produits chimiques agricoles derrière Syngenta et Bayer.
Mais le groupe devra sans doute faire face à d’autres candidats. La société de capital-investissement Arsenal Capital Partners, qui a réalisé au cours des cinq dernières années une soixantaine d’opérations dans la chimie, s’est également déclarée intéressée par le rachat d’actifs issus de Syngenta. Pierre Brondeau a précisé qu’il n’entendait pas reprendre des sites de production mais qu’il privilégiait «le rachat de marques et de formules de pesticides, ainsi que leurs droits d’enregistrement et de distribution», s’ils étaient proposés par Monsanto. Il ferait ensuite sous-traiter la production des matières actives à un autre fabricant.
FMC, qui s’est fixé un objectif de croissance annuelle du chiffre d’affaires de 7 à 11% d’ici à 2020, est également le plus gros fournisseur d’hydroxyde de lithium, utilisé dans les batteries qui équipent les véhicules électriques. Le groupe basé à Philadelphie, dont la capitalisation boursière ressort à 7,5 milliards de dollars, disposait à fin mars de liquidités supérieures à 2,5 milliards, ce qui lui laisse une flexibilité suffisante pour des opérations de croissance externe.
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