L’AG de Foncière Paris France promet d’être agitée

Les actionnaires sont appelés à voter deux mesures anti-OPA : des « bons Breton », une première depuis 2006, et une OPRA sur 25 % du capital
Bruno de Roulhac

Pour la première fois depuis leur création en 2006, des «bons Breton» vont être présentés ce matin au vote des actionnaires en période d’offre hostile. En réponse au relèvement de l’offre de PHRV de 100 à 110 euros, Foncière Paris France (FPF) a annoncé, une semaine avant son AG, son intention d’émettre des bons d’offre à titre gratuit. Auparavant, FPF avait déjà rétorqué par une proposition d’OPRA à 117 euros sur 25% de son capital. Cette résolution devra réunir les deux tiers des suffrages pour être adoptée, ce qui devrait être difficile, PHRV contrôlant près de 30% des droits de vote.

En revanche, les «bons Breton» ne nécessitent qu’un vote à la majorité simple. Le seul précédent date de fin 2008, quand Wavecom avait voulu utiliser la même arme pour s’opposer à l’offre de Gemalto. Mais le groupe y avait renoncé en dernière minute grâce à l’arrivée d’un chevalier blanc. «Une société est légitime à se défendre contre une offre hostile, mais elle le fait trop souvent sur le prix. Or une défense doit être également motivée par l’intérêt social de l’entreprise, estime Philippe Portier, avocat associé chez Jeantet. Nous soutenons donc le principe des ‘bons Breton’, qui permet aux dirigeants, qui doivent défendre l’intérêt de la société, et aux actionnaires, propriétaires, collectivement seulement, de l’entreprise, de dialoguer dans le cadre de l’assemblée générale».

La résolution de FPF porte sur une augmentation de capital d’un maximum de 35 millions d’euros en nominal, soit 40% du capital actuel. En l’absence de détermination du prix d’exercice de ces bons, il devrait être de 50 euros, prix minimum correspondant à la valeur nominale de l’action FPF. Détenant avec Cofitem-Cofimur 29,5% du capital, PHRV devrait débourser 135 millions pour acquérir les actions non encore détenues au prix de 110 euros.

Une résolution à laquelle Proxinvest recommande de s’opposer, estimant que «la menace de dilution ici proposée via l’utilisation de ce dispositif anti-OPA crée un risque élevé de retrait de son offre par PHRV». Or, «nous pensons qu’il est de l’intérêt de tous les actionnaires que l’ensemble des actionnaires puissent prendre leur propre décision d’apporter ou non à l’offre, poursuit la société de conseil. Nous encourageons donc dirigeants et grands actionnaires opposés à l’offre de PHRV à se regrouper afin de lancer une contre-offre publique à un prix plus proche de l’actif net réévalué».

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