L’Afep-Medef devra être plus exigeant sur la retraite-chapeau
Dans son guide d’application du code de gouvernance attendu incessamment, l’Afep-Medef se devra de préciser davantage le régime de retraite-chapeau. Une nécessité, alors que le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a de nouveau brandi la menace de la loi. D’autant que les syndicats des grands groupes pourraient les uns après les autres dénoncer les régimes de retraite à prestations définies de leurs cadres dirigeants.
Après le rappel de la CGT sur la provision de 21 millions d’euros pour la retraite chapeau de Philippe Varin, patron de PSA, qui a mis le feu aux poudres, les syndicats d’Air France-KLM ont interpellé, vendredi, leur management. La compagnie aérienne a alors jugé bon de publier une «mise au point».
D’une part, le PDG d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac, «n’a jamais bénéficié de retraite-chapeau et a demandé à son arrivée à voir sa rémunération variable baisser de moitié». La provision existante de 13 millions d’euros a été constituée dans le passé et «ne peut être reprise».
D’autre part, le PDG d’Air France, Frédéric Gagey, a demandé lors de sa prise de fonction de conserver inchangée sa rémunération lorsqu’il était directeur financier de la compagnie. Enfin, le groupe rappelle que le dispositif de retraite complémentaire mis en place en 2006 au bénéfice de 25.000 salariés a été maintenu.
D’autres «révélations» pourraient suivre, particulièrement dans les sociétés où l’Etat est actionnaire, ou en difficultés. Pourtant, à qui incombe la responsabilité ? Aux dirigeants qui ont exigé cette retraite lors de leur arrivée ? Aux administrateurs (dont d’éventuels représentants de l’Etat) qui l’ont approuvée ? Aux actionnaires qui l’ont votée ?
Pour l’heure, la balle est dans le camp du patronat. A lui d’affiner son code de gouvernance et de veiller à sa bonne application. Il pourrait encore réduire le plafond de cette retraite surcomplémentaire, actuellement fixé à 45% du revenu de référence, ou conditionner le versement de cette retraite-chapeau aux résultats et à la santé financière de l’entreprise.
Pour autant, ce régime a une raison d’être, venant compenser ce qui n’est pas pris en charge par les régimes de retraite obligatoire. D’ailleurs, il concerne de nombreux cadres. Seul choque le montant. L’Afep-Medef devra fixer la limite acceptable, avant que le gouvernement ne le fasse, comme pour les rémunérations des patrons d’entreprises publiques.
Plus d'articles du même thème
-
Les investisseurs allemands misent déjà sur l'après-guerre
Porté par l'espoir d'une fin prochaine du conflit en Iran et d'un reflux des prix de l'énergie, l'indice ZEW a fortement rebondi en juin, repassant en territoire positif. -
Le gouvernement annonce 655 millions d’euros d’investissements supplémentaires dans l’IA
Dans le même temps que cette annonce, le renseignement intérieur français (DGSI) a décidé de rompre son contrat avec le controversé géant américain de l'analyse de données Palantir pour retenir la société tricolore ChapsVision. -
STMicroelectronics profite de son embellie boursière pour emprunter 1,5 milliard de dollars
Le fabricant de semi-conducteurs, qui a vu son cours de Bourse multiplié par plus de deux en moins de trois mois, utilisera une partie de ces fonds pour rembourser une tranche d'obligations convertibles.
ETF à la Une
Tom Stephens (Schroders) : « L’écosystème ETF, la gestion active et la construction de portefeuille moderne convergent fortement »
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
Gentleman parfumeur et agriculteur
Aurélien Guichard, nez et cultivateur, a choisi, à travers sa marque Matière Première, de produire des fragrances du champ… au flacon. -
In folioAlexandre Guy : la course du rat
Les romans qui mettent en scène un médecin sont légion, ceux qui racontent la glissade d’un personnage en crise aussi. Autant dire qu’Alexandre Guy, en s’aventurant sur ce terrain encombré, n’a pas choisi la facilité. Il s’en sort en dosant parfaitement ses effets -
L'état de l'EtatLe garde des Sceaux doit-il devenir le procureur général de la nation ?
« L’indépendance de l’autorité judiciaire », affirmée par l’article 64 de la Constitution, ne signifie aucunement qu’il ne devrait exister aucune politique pénale. Celle-ci est une composante de « la politique de la nation »