Lafarge s’active pour tenter de retrouver la catégorie « investissement »
L’été aura été studieux pour Lafarge. En moins d’un mois, le groupe a bouclé la cession de 1,4 milliard d’euros d’actifs. Hier, le fabricant de ciment a signé un accord avec son partenaire australien Boral pour lui vendre sa part dans leur coentreprise dans le plâtre en Asie (Lafarge Boral Gypsum Asia). La valeur des 50% de Lafarge s’élève à 429 millions d’euros. En excluant la dette et les intérêts minoritaires, le prix ressort à 380 millions d’euros. Créée en 2000, LBGA a réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de 181 millions d’euros et un excédent brut d’exploitation (ebitda) de 31 millions.
Cette cession intervient quelques semaines après celle des activités de plâtre en Australie à l’allemand Knauf, pour une valeur nette de 120 millions d’euros, et de l’ouverture de négociations exclusives avec le belge Etex pour lui vendre la division plâtre européen et sud-américain, pour un montant net de 850 millions d’euros. En ajoutant les 535 millions d’euros, dette comprise, de la cession en mai d’une partie de ses activités ciment aux Etats-Unis, Lafarge est ainsi déjà assuré de récupérer quasiment 2 milliards d’euros cette année, très largement au-dessus de son objectif initial de 750 millions d’euros de cessions pour 2011.
Lafarge, qui portait une dette nette de 14,26 milliards d’euros à fin juin, tente ainsi de répondre aux critiques des agences de notations. Début août, Moody’s a imité S&P en plaçant l’émetteur dans la catégorie spéculative (respectivement Ba1 et BB+). Anticipée par le groupe en début d’année, cette dégradation se traduit par un renchérissement de certaines lignes obligataires protégées par des clauses d’accroissement du coupon (step up) de 125 points de base. Le cimentier avait estimé cet impact à 20 millions d’euros pour 2011 et à 65 millions pour 2012.
Mais les agences attendront certainement quelques mois avant d’éventuellement revoir leur note. Pour justifier sa décision, Moody’s a certes mis en avant le niveau d’endettement de Lafarge, à 4,6 fois l’ebitda contre un ratio de 3,6 pour entrer dans la catégorie investissement, mais s’est surtout inquiété de la dégradation de la performance opérationnelle du groupe. Or, si en vendant des actifs, Lafarge améliore bien son numérateur, une dégradation, dans le même temps, de son dénominateur risque de remettre en cause les efforts de désendettement poursuivis ces derniers mois.
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