Lafarge et Holcim obtiennent un prix satisfaisant pour leurs cessions d’actifs
En entrant en négociations exclusives avec l’irlandais CRH pour lui céder des actifs, Lafarge et Holcim ont levé le principal obstacle à leur fusion annoncée en avril dernier. Ces désinvestissements, principalement en Europe, au Canada, au Brésil et aux Philippines, correspondent à une valeur d’entreprise de 6,5 milliards d’euros, dont 1,3 milliard de dettes, ont précisé hier les deux vendeurs. Sur la base des résultats estimés pour l’exercice 2014, ce montant global représente 1,25 fois le chiffre d’affaires et un peu plus de 8,7 fois l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) des activités cédées.
Selon la Banque cantonale de Zurich, il s’agit d’un «bon prix de vente» dans le cadre d’un processus de fusion qui avance conformément aux attentes. Le bureau d’analyse de Kepler Cheuvreux relève de son côté que ce projet de transaction avec CRH fait ressortir des multiples de valorisation supérieurs à ses estimations prudentes, en ajoutant qu’une cession en un seul bloc «devrait permettre de boucler le processus de vente dans un temps relativement court».
Ces actifs «ont été choisis en fonction de trois principes clairs: visibilité et rapidité, forte création de valeur pour Lafarge-Holcim et capacité à répondre aux demandes réglementaires», a commenté lors d’une conférence téléphonique Bernard Fontana, directeur général de Holcim. Ayant reçu l’approbation de 12 autorités régionales de la concurrence sur les 20 nécessaires à la réalisation de leur fusion, les deux groupes restent confiants dans leur capacité à mener à bien celle-ci au premier semestre 2015. Ils devront encore obtenir l’aval des Etats-Unis, du Canada, de l’Inde, de l’Equateur, de l’Indonésie et de l’Ile Maurice.
Quant à CRH qui passera ainsi du 6e au 3e rang mondial dans les matériaux de construction, il chiffre à 90 millions d’euros le montant maximal des synergies extraites à partir de la troisième année qui suivra le bouclage de l’acquisition. En choisissant un financement combinant une ponction de 2 milliards d’euros sur sa trésorerie, une augmentation de capital d’environ 1,6 milliard d’euros réservée aux investisseurs institutionnels et l’ouverture d’une ligne de crédit de 3 milliards d’euros, le groupe irlandais limitera la hausse de son endettement.
Sur la base des chiffres estimés pour 2014, son ratio de dette nette sur Ebitda passera de 1,5 avant la transaction à 3,2 immédiatement après, un niveau ramené à 2,8 en tenant compte des désinvestissements prévus.
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