Lafarge crédibilise ses objectifs de désendettement
Lafarge passe enfin à l’action. Après un premier semestre calme en matière de cessions d’actifs, avec seulement 72 millions d’euros récoltés pour un objectif annuel d’un milliard d’euros, le groupe de matériaux de construction a quasiment atteint la moitié de son plan. La vente de deux usines aux Etats-Unis à l’américain Eagle Materials va lui permettre d’ajouter 446 millions de dollars (347 millions d’euros) à son tableau de bord.
Lafarge porte ainsi à 419 millions d’euros ses cessions depuis le début de l’année. A 2,6 fois le chiffre d’affaires 2011, contre 1,7 fois pour Lafarge, «le prix de cession [des deux usines] paraît intéressant dans la conjoncture actuelle», indique Natixis, même si les cimenteries américaines vendues en 2011 l’avaient été sur des ratios plus élevés.
L’opération avec Eagle Materials crédibilise le plan de désendettement de Lafarge. En juillet, lors de l’annonce des résultats du premier semestre, Bruno Lafont, le PDG du groupe, a rappelé son engagement à réduire l’endettement à moins de 10 milliards d’euros «le plus tôt possible en 2013». La cession des deux usines américaines ramène la dette nette estimée à 11,9 milliards d’euros, selon CM-CIC. L’endettement net s’élevait à 12,5 milliards d’euros fin juin, en baisse de 1,7 milliard par rapport à juin 2011. Lafarge compte réintégrer dans les meilleurs délais le statut d’«investment grade». Selon Fitch, cette cession ne modifie pas le profil de crédit de Lafarge mais va dans le bon sens. L’agence estime que les mesures d'économies et les ventes d’actifs permettront de réduire le ratio de dette nette sur Ebitda à 4 fin 2012 contre 4,9 fin 2011.
Cette cession n’aura pas d’impact trop lourd sur le maillage industriel de Lafarge et sur son compte de résultats. Les deux unités, situées dans le Missouri et l’Oklahoma, étaient un peu excentrées dans le dispositif américain de Lafarge, désormais constitué de neuf cimenteries ou stations de broyage.
Les deux sites ont généré 170 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2011, soit 10% des revenus de Lafarge aux Etats-Unis, avec un excédent brut d’exploitation estimé à 26 millions de dollars. La cession devrait amputer de seulement 4 millions d’euros le bénéfice net annuel de Larfarge, estime CM-CIC, soit moins de 1% du montant total attendu pour 2012. Le cours de l’action a gagné 2,79% hier, portant à 42,6% son gain depuis le 1er janvier, soit la meilleure performance annuelle du CAC 40.
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