L’absence de reprise en Europe pousse BASF à lancer un avertissement sur ses résultats 2015
L’avenir s’assombrit pour BASF. Si le premier groupe mondial de chimie se targue d’avoir réussi à accroître ses ventes et ses résultats au troisième trimestre malgré une baisse de la demande, il lance un avertissement sur ses résultats 2015. Dans la foulée, le titre a cédé 3,17% à 68,78 euros vendredi. Or, trois jours auparavant, son concurrent néerlandais Akzo Nobel a estimé être bien parti pour atteindre ses objectifs 2015 «en dépit de la poursuite d’un environnement fragile».
Rappelant que ses prévisions avaient été publiées en 2011, BASF déclare qu’il n’atteindra pas ses «objectifs ambitieux» de 80 milliards d’euros de vente, ni les 14 milliards d’Ebitda prévus pour l’an prochain, invoquant une croissance du PIB et de l’industrie chimique sur 2010-2015 plus faible qu’espéré. Aussi, le chimiste allemand vise maintenant 10 à 12 milliards d’euros d’Ebitda l’an prochain, en ligne avec les attentes du consensus (11,2 milliards attendus par FactSet et 11 milliards par Bloomberg). Le groupe précisera ses objectifs 2015, le 27 février prochain lors de la publication de ses résultats annuels.
BASF anticipe désormais une croissance annuelle moyenne du PIB mondial de 2,6% sur 2010-2015 au lieu de 3,4%. De même, la prévision de croissance annuelle de la production industrielle est abaissée de 4,6% à 3,4%. La seule production chimique devrait croître en moyenne chaque année de 4%, contre 4,9%. Un ralentissement que le groupe explique par la dynamique moins forte des marchés émergents et par une reprise économique qui se fait attendre en Europe. «Même dans cet environnement un peu plus difficile, nous allons poursuivre une croissance rentable», assure Kurt Bock, président du directoire de BASF. De fait son programme d’excellence opérationnelle a été relevé de 300 millions, avec un objectif de 1,3 milliard d’euros d’impact positif sur les résultats d’ici à la fin 2015.
Après une progression de 3% de ses ventes et de 9% de son résultat d’exploitation avant exceptionnels au troisième trimestre, BASF ne prévoit pas de reprise de la demande au quatrième trimestre, et a abaissé ses prévisions de croissance de l’industrie chimique de 4,4% à 4%. Néanmoins, le groupe table toujours cette année sur une légère hausse de son résultat d’exploitation avant exceptionnels par rapport aux 7,2 milliards d’euros (+8%) enregistrés en 2013.
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