«L’absence de détails sur la structure de la rémunération pourrait conduire à un vote négatif»

Carla Topino, directeur de la politique de vote pour l’Europe et les marchés émergents de Glass Lewis, revient pour L’Agefi sur la politique du proxy
Bruno de Roulhac

- L’Agefi : Quelles recommandations faites-vous en vue de la saison des assemblées générales 2014 ?

- Carla Topino : Par principe, nous cherchons à être en accord avec les codes locaux de gouvernement d’entreprise. Nous actualiserons nos guidelines fin décembre ou début janvier, et ne prévoyons pas de changements majeurs pour la France, si ce n’est pour la mise en œuvre du «say on pay». Nous sommes favorables à un vote non contraignant sur la structure des rémunérations et serons particulièrement vigilants sur la quantité et la qualité de l’information. L’absence de détails sur la structure de la rémunération pourrait nous conduire à émettre un vote négatif.

- Comment analysez-vous la rémunération des dirigeants ?

- Nous scrutons de près sa structure et le lien entre les montants versés et la performance de l’entreprise. Nous considérons que la composante à long terme (au moins trois ans) de la rémunération doit être significative. Nous vérifions que les critères de performance sont bien spécifiques et non généraux, que le niveau d’exigence n’est pas trop bas, et que des limites «raisonnables» des montants sont fixées. La société doit justifier le choix des critères utilisés. Si nous pouvons comprendre que certains éléments ne puissent être rendus publics au nom de la confidentialité, ils doivent être précisés ex-post. Parmi les critères utilisés, nous souhaitons un équilibre entre les éléments financiers et ISR. En revanche, nous n’encourageons pas à prendre en compte le cours de Bourse, qui ne reflète pas nécessairement la rentabilité de l’entreprise.

- Que pensez-vous de l’absence de dissociation des pouvoirs, fréquente en France ?

- En général, nous préconisons la séparation des pouvoirs entre président et directeur général. Toutefois, nous pouvons accepter la présence d’un PDG, si le conseil compte un vice-président ou un administrateur référent, et surtout si la société explique précisément les raisons du regroupement des fonctions.

- Comment qualifiez-vous la gouvernance des grandes entreprises françaises ?

-Comme partout en Europe, la France offre un bon niveau de transparence, avec une réelle amélioration de la qualité de l’information dans le document de référence chaque année. Toutefois, des progrès restent à faire dans la structuration des rémunérations, notamment sur la part variable.

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