La volatilité des marchés met à mal les velléités d’introduction en Bourse
Vent de panique sur le marché des introductions en Bourse. Hier, le conglomérat allemand Siemens a annoncé qu’il repoussait l’IPO, prévue cet automne, de sa filiale Osram. Cela «en raison des conditions extrêmement volatiles sur les marchés de capitaux». Se voulant rassurant, Siemens a précisé vouloir toujours concrétiser ce projet «à une date ultérieure». Les analystes de Metzler Equity Research valorisent 3,2 milliards d’euros la filiale d’éclairage du groupe allemand.
Comme le souligne aujourd’hui le Wall Street Journal, le parcours boursier des sociétés ayant récemment tout de même franchi le pas n’invite pas à l’audace. Le quotidien relève que plus de la moitié des titres de sociétés américaines entrées cette année en Bourse se négocient en-deçà de leur cours d’introduction, dans le sillage d’un marché morose. Cela concerne précisément selon les données citées de Dealogic 63% de 76 opérations étudiées. Un cruel rappel que la flambée du cours au premier jour de cotation n’est souvent qu’éphémère.
Le Financial Times avance aujourd’hui également qu’une des opérations les plus attendues sera vraisemblablement retardée elle aussi, à savoir l’entrée en Bourse de Facebook. Citant des sources proches du réseau social, le quotidien indique que son fondateur Mark Zuckerberg souhaite que les salariés puisse se consacrer au développement du produit plutôt qu’à la monétisation de leur engagement. L’IPO pourrait avoir lieu en septembre prochain ou plus tard en 2012, alors que le marché l’attendait plutôt au printemps. Officiellement donc, la réflexion n’est pas liée aux conditions de marché. Certes Facebook a le vent en poupe: sur le marché de gré à gré, la valorisation de la société s’élève à près de 80 milliards de dollars.
Toujours dans le domaine de l’internet, Groupon a annulé ce mois-ci une tournée de présentation et mis entre parenthèses son projet d’introduction en Bourse du fait de la volatilité des marchés. Selon le Wall Street Journal, le groupe évalue la situation «semaine après semaine». Responsable des marchés de capitaux actions chez Barclays, Brian Reilly confie au quotidien qu’il conseille à la plupart de ses clients de patienter, tout d’abord jusqu’à la réunion de la Réserve fédérale les 20 et 21 septembre.
Dès lors, le catalogue des opérations en attente prend du volume. Il concerne outre-Atlantique 144 opérations selon Dealogic pour un montant cumulé de 28,3 milliards de dollars, au plus haut depuis 2007 à la même période.
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