La sortie de Daimler achève la recomposition du capital d’EADS
Les banques peuvent remercier les actionnaires d’EADS. La réorganisation complète de l’actionnariat du groupe d’aéronautique et de défense a offert à leurs équipes d’equity capital markets en Europe une activité record ces dernières semaines. Après l’Etat espagnol (1,15% du capital), puis Lagardère (7,44%), Daimler a lancé hier soir la cession de son bloc de 7,5% au capital d’EADS. Goldman Sachs et Morgan Stanley ont été chargés du placement. Celui-ci devrait être bouclé dans la journée. Selon des sources de marché, la fourchette de prix indicative a été fixée entre 36,20 et 37 euros, soit une décote extrêmement serrée de 2,6% à 0,5% par rapport au cours de clôture d’hier soir (37,19 euros). Les actions détenues par Lagardère avaient été placées à 37,35 euros, celles de l’Etat espagnol à 39,75 euros.
Afin de bénéficier d’une éventuelle remontée du cours de l’action EADS, contrarié ces derniers jours par cet afflux massif de titres, Daimler a conclu un contrat avec Goldman Sachs et Morgan Stanley prévoyant un complément de prix potentiel d’ici à la fin de l’année. Pour se couvrir, les deux banques se sont engagées à acheter 8 des 61,1 millions d’actions EADS mises en vente par Daimler. Par ailleurs, dans le cadre de son programme de rachats d’actions, EADS va mobiliser 600 millions d’euros pour acheter une partie du bloc de son ancien actionnaire. Daimler pourrait récupérer, hors ajustement de prix, un peu plus de 2,2 milliards d’euros.
Une fois achevé, ce placement devrait mettre fin à la pression vendeuse sur le titre EADS. En l’espace de deux semaines, plus de 131 millions d’actions ont été proposées à la vente, soit environ 52 jours de Bourse en prenant le volume moyen quotidien de ces douze derniers mois.
Reste simplement désormais à l’Etat français à céder ses actions résiduelles. Détenteur de 15%, Paris doit descendre à 12% afin de revenir au niveau de l’Allemagne, selon le nouveau pacte d’actionnaires conclu fin 2012 entre les deux Etats. 1,56% sera acheté directement par EADS, à 37,35 euros pièce, via son programme de rachats d’actions. Le solde, sans droit de vote et logé dans une fondation de droit néerlandais, pourrait être soldé à terme directement sur le marché.
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