La solidité du modèle d’Essilor continue de faire ses preuves

Le groupe, qui lance un verre antibuée, confirme ses prévisions annuelles mais reconnaît que le ralentissement économique ne peut être ignoré
Olivier Pinaud

Essilor maintient ses prévisions de résultats annuels même si «personne n’a le droit d’ignorer le ralentissement de la croissance aux Etats-Unis ou les difficultés économiques de la zone euro», a indiqué vendredi le directeur général du numéro un mondial des verres ophtalmiques, Hubert Sagnières. Le groupe vise toujours une croissance de son chiffre d’affaires comprise entre 6% à 8% cette année, hors effets de change et acquisitions stratégiques.

En retirant les acquisitions dites «organiques», qui représentent historiquement 3 points de croissance par an, la hausse du chiffre d’affaires véritablement générée par les activités d’Essilor devrait ainsi tourner entre 3% et 5%, selon les analystes d’Oddo Securities. Le groupe mise notamment sur son développement dans les pays en croissance et sur la commercialisation de nouveaux produits, à l’image d’Optifog, un verre antibuée. «Si nous anticipons qu’Essilor atteindra le haut de cette fourchette, nous sommes maintenant plus prudents en raison d’un contexte économique plus difficile», précisent-ils, pour motiver un léger ajustement de leur prévision de chiffre d’affaires annuel à 4,2 milliards d’euros, 20 millions de moins qu’attendu.

«Essilor, qui était déjà fort et résistant en 2008, est encore plus fort aujourd’hui en 2011», a assuré Hubert Sagnières. Au niveau des résultats, le directeur général d’Essilor confirme ainsi prévoir un maintien de sa rentabilité à un niveau élevé hors acquisitions stratégiques, soit autour de 18%. Un niveau également atteint au premier semestre 2011. La dette nette a en revanche fortement progressé au premier semestre: +50% à 445 millions d’euros, sous l’effet des acquisitions et des rachats d’actions. Le groupe a acheté 2,95 millions de titres au premier semestre. La dette nette représente ainsi 15% des fonds propres au 30 juin, contre seulement 9% au 30 décembre 2010.

Soulignée par les analystes, la solidité du modèle Essilor a permis à l’action de moins souffrir pendant la crise du mois d’août, perdant 8% en un moins. Depuis le début de l’année, elle affiche un gain d’un peu plus de 8%, soit la deuxième plus forte hausse du CAC 40 derrière les +18% d’EADS.

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