La Société de la Tour Eiffel repousse son mur de la dette

La ligne de 287 millions d’euros à 5 ans signée par la foncière cotée constitue l’un des plus gros refinancements hypothécaires de 2012 en France
Alexandre Garabedian

Le mur de la dette s’éloigne pour la Société de la Tour Eiffel. La foncière de bureaux, épaulée par Jones Day, a bouclé cette semaine le refinancement par anticipation de sa principale ligne de crédit, à hauteur de 287 millions d’euros à cinq ans, signant ainsi l’une des principales opérations de l’année dans le secteur en France. Au premier semestre, le groupe avait déjà signé deux lignes de crédit hypothécaire, de 117 millions à 5 ans, avec une banque régionale allemande, et de 8 millions à 10 et 15 ans, auprès du Crédit Agricole Ile-de-France.

Alors qu’en début d’année, la foncière voyait arriver à échéance 475 millions d’euros d’emprunts en 2013, ces trois refinancements lui permettent de porter à 5,5 ans la maturité moyenne de sa dette. La dernière transaction traduit la raréfaction de la liquidité bancaire sur le marché du financement hypothécaire, où les tickets unitaires dépassent désormais rarement 100 millions. Alors que Deutsche Pfandbriefebank avait apporté seule 350 millions en 2008, la banque allemande a partagé le nouveau financement de 287 millions avec le Crédit Foncier, Crédit Agricole CIB et la Société Générale, dont le réseau a participé à hauteur de 30 millions en soutien de la banque de financement.

Les marges sont aussi en hausse. Mais la faiblesse des taux a permis à la Société de la Tour Eiffel de limiter à 3,9% le coût global du nouveau financement (une fois «swappé» en taux fixe).

La foncière cotée a privilégié un financement hypothécaire – gagé par des immeubles – à un crédit corporate. «Au vu de la taille de notre bilan, le financement hypothécaire est la solution la plus adaptée en termes de coûts, précise Jérôme Descamps, directeur général délégué en charge des finances. Nous réfléchissons aussi aux solutions de financement désintermédié par le biais du marché obligataire». Tishman Speyer a ouvert la voie obligataire cet été en France avec la transaction Lumière.

Mais la priorité de la Société de la Tour Eiffel reste le désendettement bancaire. « Nous souhaitons ramener notre ratio de loan to value à 45% en 2014 contre 55% aujourd’hui», indique Jérôme Descamps. La foncière, qui a cédé pour 60 millions d’euros d’actifs en 2012 et signé des promesses pour 18 millions, espère ainsi réduire une décote boursière qui atteint 40% par rapport à son actif net réévalué.

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