La SNCF va pouvoir renforcer son contrôle sur Eurostar
Après des mois de réflexions, Londres a engagé la cession de sa participation de 40% dans Eurostar, la société qui exploite le transport ferroviaire de voyageurs entre la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et le Benelux. Les autres actionnaires sont la SNCF (55%) et la Société nationale des chemins de fer belges (5%). La part de la Grande-Bretagne est portée par la société publique London and Continental Railways (LCR).
Depuis sa mise en service en 1994, la société de droit britannique Eurostar n’a jamais connu d’actionnaires privés. Son tour de table avait été constitué en fonction des actifs apportés par chaque partie lors de sa constitution.
Le ministre des Finances britannique, George Osborne, a invité les potentiels acheteurs à transmettre leurs manifestations d’intérêts d’ici au 31 octobre. Si les offres sont assez élevées, l’accord pourrait être finalisé au premier trimestre 2015. UBS a été mandatée pour l’opération. Cette vente s’inscrit dans le cadre de la volonté de Londres de céder 20 milliards de livres d’actifs entre 2014 et 2020. La valeur nette comptable des 55% d’Eurostar détenus par la SNCF s’élevait à 520 millions d’euros fin 2013, ce qui valorise à environ 378 millions d’euros les 40% détenus par l’Etat britannique.
La part devrait essentiellement attirer des fonds de pension, des fonds d’investissement spécialisés dans les infrastructures et des assureurs. En revanche, la SNCF a indiqué qu’elle ne se porterait pas candidate au rachat de ces 40% même si elle détient, tout comme l’actionnaire belge, un droit de préemption.
L’opération devrait toutefois indirectement profiter à la SNCF. Le remaniement du tour de table va entraîner une refonte du conseil d’administration d’Eurostar afin de refléter le contrôle de la SNCF qui ne compte actuellement que deux administrateurs au conseil. Le groupe public pourra ainsi consolider Eurostar alors que les résultats de la société, considérée comme une coentreprise au sens d’IFRS 11, sont actuellement mis en équivalence.
Eurostar a dégagé un chiffre d’affaires de 857 millions de livres sterling en 2013 (1,08 milliard d’euros), en hausse de 7%. Son résultat opérationnel a atteint 54 millions de livres (68 millions d’euros, +4,4%). Elle a distribué à ses actionnaires 18,6 millions de livres de dividendes.
Plus d'articles du même thème
-
Tégo divorce d'Allianz et AGPM
L’association souscriptrice des contrats d’assurance du secteur défense et sécurité, Tégo, créée à l’origine par Allianz et AGPM, se sépare de ses fondateurs sur l’emprunteur, mais aussi sur les contrats de prévoyance. -
Aviva Investors développe son offre de fonds monétaires tokenisés
Le gestionnaire d’actifs s’est associé avec Ripple pour lancer ses deux premiers fonds tokenisés sur le XRP Ledger. -
Revolut va intégrer le capital-risque à son offre d'investissement
La néobanque britannique lancera, en 2027, une plateforme d'investissement baptisée Revolut Ventures pour permettre à ses clients d'investir dans des entreprises technologiques non cotées.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
« De qui se moque-t-on ? » : le ton monte entre la grande distribution et les industriels
Mercredi 28 octobre, les industriels de l’agroalimentaire et enseignes de la grande distribution sont invités au ministère de l’Économie et des Finances pour préparer les négociations commerciales annuelles, qui commenceront en décembre -
« Ça rend complètement dingue mon équipe » : Raphaël Glucksmann et le dilemme de TikTok
Fervent détracteur de l’algorithme de TikTok, le candidat social-démocrate refuse de faire campagne sur la plateforme chinoise… et s’y retrouve très largement moqué. -
« On n'avait pas assez anticipé » : Emmanuel Macron esquisse un mea culpa sur les violences du 17 octobre
Après plusieurs semaines de colère lycéenne rejointe par les voix des gilets jaunes et des syndicats, l’exécutif est sur le pont. Le président de la République s’est déplacé lundi 26 octobre à Marseille. La cité phocéenne a été, au même titre que la capitale et d’autres villes françaises, le théâtre de débordements chaotiques en parallèle des manifestations du 17 octobre 2026.