La privatisation d’Eurostar financera une partie de son développement
Confronté au besoin d’améliorer la qualité des infrastructures du pays tout en rééquilibrant les finances publiques, le gouvernement britannique a annoncé hier qu’il céderait d’ici à 2020 sa participation de 40% dans Eurostar, l’opérateur du train à grande vitesse qui relie Londres à Paris et Bruxelles.
Ce projet intervient à la veille d’une accélération des investissements de la compagnie transmanche, contrôlée à 55% par la SNCF et désireuse d’élargir sa base de clientèle dans un contexte de libéralisation du trafic ferroviaire en Europe. Eurostar, dont le bénéfice d’exploitation a doublé l’an dernier pour atteindre 52,3 millions de livres (63,1 millions d’euros), devra ainsi faire face à la concurrence de la Deutsche Bahn qui prévoit un service ferroviaire entre Londres et l’Allemagne à partir de 2016.
Si aucun calendrier n’a encore été précisé pour ce désengagement, l’opération fait néanmoins partie d’un programme de privatisation d’actifs publics qui devrait atteindre 20 milliards de livres sur six ans, un montant deux fois plus élevé que prévu initialement. De quoi financer une partie du plan national d’investissements dans les infrastructures, dont la nouvelle mouture vient d’être présentée par le Trésor britannique. Celui-ci prévoit désormais de superviser 375 milliards de livres de nouveaux projets à l’horizon 2030, contre un total de 309 milliards auparavant envisagé.
«Après des années de négligence, nous avions besoin de réhabiliter les infrastructures du pays en matière d'énergie, de routes, de voies ferrées, de défense contre les inondations, de communication et d’eau», a déclaré le vice-ministre du Trésor Danny Alexander. Parmi ces projets figure la construction par Hitachi d’une nouvelle centrale nucléaire dans le nord du Pays de Galles, ainsi que l’extension du métro de Londres à hauteur d’un milliard de livres, qui bénéficieront tous deux d’une garantie publique.
Les assureurs britanniques prendront une part active au financement de ces investissements, puisque six d’entre eux (Legal & General, Prudential, Aviva, Standard Life, Friends Life et Scottish Widows) ont promis d’y consacrer 25 milliards de livres sur cinq ans. Cet engagement qui représente, selon Danny Alexander, «un grand vote de confiance dans l'économie britannique», sera inclus dans le financement des 100 milliards de livres de projets sur les sept prochaines années annoncés en juin dernier.
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