La prise de contrôle d’Alitalia par Air France-KLM devra encore attendre

Malgré la fin d’un pacte d’actionnaires, la compagnie franco-néerlandaise juge cette opération improbable en 2013 en raison de ses moyens limités
Yves-Marc le Réour
Photo: Bloomberg News
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Démentant les informations publiées ce week-end par le journal italien Il Messaggero, Air France-KLM a affirmé hier n’avoir entamé aucune discussion en vue d’une prise de contrôle totale ou partielle d’Alitalia, malgré l’expiration prochaine d’un pacte d’actionnaires qui lui en laisse la possibilité théorique.

Début 2009, le groupe franco-néerlandais avait déboursé 323 millions d’euros pour monter à hauteur de 25% dans Alitalia, dans le cadre du consortium CAI comprenant des investisseurs italiens. L’arrivée à échéance le 12 janvier d’un pacte liant les actionnaires permettra à chacun d’entre eux de disposer librement de ses titres, Air France-KLM bénéficiant d’une option de prise de contrôle à partir du lendemain.

En marge de la conférence de presse consacrée à la présentation de la nouvelle offre à bas prix que vient de lancer la compagnie française, le PDG d’Air France Alexandre de Juniac a souligné que les ressources financières «extrêmement limitées» du transporteur franco-néerlandais rendait celui-ci «très prudent sur toute opération externe», et qu’une telle transaction serait «difficile à envisager» en 2013. Malgré un repli de 7,5% à 6 milliards d’euros de l’endettement net du groupe sur les 9 premiers mois de 2012, son ratio d’endettement est passé de 107% à 114% sur la période en raison du repli des fonds propres.

Du côté de la cible potentielle, Alitalia a certes renoué avec les bénéfices entre juillet et septembre derniers en dégageant un résultat net de 27 millions d’euros, alors qu’elle était en perte au premier semestre. Mais sa structure de bilan s’est pour sa part dégradée, avec une hausse de 7% de l’endettement net en 3 mois, à 923 millions d’euros.

En plus de ces différents obstacles financiers, Air France-KLM pourrait de nouveau se heurter à la volonté des pouvoirs publics transalpins de conserver le contrôle de leur compagnie aérienne nationale. L’ancien président du conseil italien Silvio Berlusconi, en lice pour les prochaines élections législatives prévues en février, a ainsi réaffirmé son opposition au rachat d’Alitalia par un groupe étranger.

Quant à la holding italienne Immsi, qui détient 7,1% de la compagnie italienne, elle a précisé qu’elle n’avait pas l’intention de céder sa participation à Air France. L’attentisme semble donc actuellement la solution la plus sage sur ce dossier.

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