La pression ne cesse de monter sur Abengoa
Abengoa n’a plus le droit à l’erreur. Le groupe espagnol d’énergies renouvelables, dont la dette nette consolidée représente plus de 10 fois son Ebitda, va devoir rapidement mener à bien l’augmentation de capital annoncée par surprise au début du mois d’août s’il souhaite lever les inquiétudes sur sa solvabilité.
Une assemblée générale extraordinaire doit se tenir fin août, ce qui lui permettrait, si les actionnaires approuvent le projet, de percevoir les 650 millions d’euros espérés d’ici à la fin du mois de septembre. Vendredi, la direction du groupe a démenti vouloir porter à 800 millions le montant de l’augmentation de capital.
Dévoilée fin juillet, la situation financière acrobatique d’Abengoa a ouvert des positions spéculatives majeures. La semaine dernière, les CDS garantissant contre un défaut du groupe espagnol ont été les plus traités à travers le monde, avec 545 contrats échangés selon des données de DTCC rapportées par Bloomberg. Sa dette ne cesse de chuter. La semaine dernière, le prix de la souche obligataire à 2021 est tombé sous les 45 cents. De même, l’action est sous la pression des vendeurs à découvert. Les chiffres communiqués par l’Autorité des marchés espagnols montrent que 8,5% du capital d’Abengoa était engagé dans des positions vendeuses au 7 août, contre 6,68% le 24 juillet.
Avec une capitalisation boursière tombée sous le milliard d’euros, l’augmentation de capital s’annonce extrêmement dilutive pour les actionnaires. Toutefois, le poids d’Inversion Corporativa, le premier actionnaire d’Abengoa, devrait permettre un vote positif. Il détient environ 56% des droits de vote. En revanche, sa participation à la levée de fonds fait plus de doute. Inversion Corporativa a annoncé sa volonté de souscrire, mais le groupe serait à court d’argent. Selon les analystes de CreditSights, par le jeu des actions de classes A et B, les premières offrant 100 droits de vote contre seulement 1 pour les secondes, Inversion Corporativa conserverait le contrôle même s’il ne participait pas à l’augmentation de capital. En plus de cette augmentation de capital, Abengoa a prévu de vendre pour 500 millions d’euros d’actifs.
Le 7 août, et dans l’attente du renforcement des liquidités du groupe, Moody’s a placé la société sous surveillance, n’excluant pas une dégradation de sa notation, actuellement à B2.
Plus d'articles du même thème
-
«L’euro-dollar se reprendra avec le comblement du différentiel de taux réels entre les deux zones»
Xavier Chapon, directeur de gestion cotée et dette privée d’Arkéa Asset Management. -
« Les répercussions devraient être plus modérées que celles de la guerre en Ukraine en 2022 »
Michele Morganti, Senior Equity Strategist chez Generali Investments -
«Le positionnement neutre nous permet de naviguer dans l’incertitude actuelle tout en restant exposés à la volatilité»
Findlay Franklin, gérant crédit multi-actifs chez RBC BlueBay
ETF à la Une
Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Tim Cook annonce son départ d’Apple
- La faiblesse congénitale de la finance décentralisée
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Choix publicsLe PS, plus à gauche que la réalité
Avec son programme économique pour 2027, le parti à la rose s'inscrit dans la pensée radicale que dénonçait Hayek : « imaginant que tout ordre est le résultat d’un dessein, les socialistes en concluent que l’ordre pourrait être amélioré par un meilleur dessein émanant de quelque esprit supérieur » -
Signal d'alarmePhilippe Juvin : « Il faut faire du budget 2027 une heure de vérité »
Philippe Juvin veut faire du budget 2027 un révélateur de la détermination des candidats à la présidentielle à redresser les comptes publics -
La Fabrique de l'Opinion« Le problème européen est double : trop de régulation et une mauvaise lecture du monde »
Franco Bernabe : « Pour le monde de l’énergie, c’est le pire cauchemar depuis la guerre du Kippour. La situation actuelle est bien plus fluide, plus instable, plus complexe et, objectivement, plus dangereuse que durant la guerre froide »