La pression monte sur la parité du mariage entre Holcim et Lafarge
Les mariages entre égaux ne sont jamais simples, et encore moins lorsque le processus dure plusieurs mois. Annoncé le 4 avril 2014, le projet de fusion entre Holcim et Lafarge est soumis à rude épreuve, au point de faire naître des doutes sur son succès dans les conditions initialement définies à savoir une action Holcim pour un titre Lafarge. L’annonce fin février des résultats 2014 et des prévisions pour 2015 des deux cimentiers a provoqué un net écartement de la valeur des deux actions.
Après avoir touché un pic de 4,76 euros lundi, la différence entre les deux titres s’élevait encore à 4,1 euros hier soir. Le spread était proche de 1 euro seulement début février. L’écart de capitalisation frôle désormais les 3,9 milliards d’euros.
En faisant gonfler le spread entre les deux groupes, le marché pousse clairement à un rééquilibrage du ratio d’échange en faveur des actionnaires de Holcim. Jusqu’à présent, les directions des deux groupes ont toujours réaffirmé le principe de la parité. Mais le week-end dernier, l’hebdomadaire suisse SonntagsZeitung indiquait que Holcim étudie plusieurs options, dont un dividende exceptionnel, afin d’obtenir le soutien de ses propres actionnaires qui auraient peu d’intérêt à approuver le mariage en l’état actuel. Selon Bloomberg, Eurocement, le deuxième actionnaire de Holcim avec 10,8% du capital, serait peu enclin à soutenir la fusion. Pour être validé, le contrat de mariage doit être approuvé à la majorité des deux tiers en assemblée générale extraordinaire.
Cette pression n’est pas nouvelle. Déjà, lors de l’annonce du projet début avril 2014, des voix s’étaient élevées en Suisse pour s’étonner de la parité, Holcim pesant plus lourd que Lafarge. Sur la foi des cours juste avant l’annonce du projet de mariage, les analystes de Deutsche Bank avaient par exemple calculé que le ratio théorique aurait dû être de 0,96 action Holcim pour une action Lafarge.
Les résultats 2014 ont renforcé ces doutes. Les deux groupes affichent des marges d’Ebitda proches (20,3% pour Holcim, 21,2% pour Lafarge). Mais le groupe suisse dégage quasiment trois fois plus de cash-flow libre que son fiancé français. Son bénéfice net annuel est également trois fois plus élevé.
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