La Place de Paris met de l’ordre sur le marché des Euro PP
Une unanimité affichée. La Banque de France, la Chambre de commerce Paris Ile-de-France, l’Association française des trésoriers d’entreprise et les représentants des banques se sont félicités hier de l’aboutissement de leurs travaux de réflexion sur le marché des émissions obligataires par placement privé dites EuroPP. Lancés à l'été 2013, ils visaient à rédiger une charte de bonne conduite destinée à clarifier le fonctionnement d’un marché naissant mais parfois désordonné.
Ce document, dont quelques points restent encore à préciser, permettra «aux différentes parties prenantes de disposer de références pour construire un marché solide», espère Robert Ophèle, sous-gouverneur à la BdF. D’un montant de 3,9 milliards d’euros en 2013, l’EuroPP est encore loin des 8 milliards d’euros des placements privés allemands Schuldschein.
La charte, d’une trentaine de pages, dont environ la moitié d’annexes, doit permettre d’améliorer la confiance entre émetteurs, investisseurs et banques. Elle n’impose aucune règle mais détaille plusieurs «points d’attention» qui pourraient faire l’objet de négociations avant l'émission.
Les assureurs, qui se lancent sur ce type d’obligations en raison de leurs contraintes réglementaires, ont notamment poussé pour que la charte précise la question du rang des obligations. Le pari passu est évoqué par principe dans la charte, mais des exceptions pourront être instaurées à condition d’être documentées.
De même, le document d’émission devra préciser l’usage réel du produit de l’émission puisque celui-ci contribue normalement à déterminer le prix, un refinancement de dette bancaire étant censé être moins risqué qu’un financement de projet ou d’acquisition. Le flou initial avait été soulevé par plusieurs investisseurs. De leurs côtés, les émetteurs, généralement des entreprises de taille intermédiaire, pour certaines d’entre elles non cotées, voulaient obtenir des garanties sur la confidentialité et le traitement des informations financières transmises aux investisseurs. La documentation d’émission permettra de préciser les bonnes pratiques en la matière.
Le document se veut également pédagogique. En plus de décrire le processus clé d’une émission (comment se présenter aux investisseurs, quelles due diligences mener, gestion du titre émis dans la durée…), il fournit plusieurs modèles de documents (info mémo, accord de confidentialité, questionnaire de due diligence…).
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester