La nouvelle direction tricéphale d’Accor essuie les critiques des actionnaires
En débarquant à l’unanimité le PDG d’Accor Denis Hennequin, le conseil d’administration du groupe hôtelier s’est mis à dos les salariés, et maintenant les petits actionnaires après l’assemblée générale houleuse d’hier matin. Des salariés du groupe manifestaient hier, évoquant «un véritable coup d’Etat mené par une poignée de personnes minoritaires et sans scrupules» selon la CFDT, visant Eurazeo et Colony Capital, qui avec seulement 21,4% du capital et 30,1% des droits de vote, font la loi.
Philippe Citerne, président non exécutif, a tenté, sans succès, de calmer le jeu en se présentant comme le principal relais pour les actionnaires non présents au conseil. Tandis que Sébastien Bazin, vice-président du conseil et directeur général exécutif de Colony Capital Europe, s’est défendu en rappelant être entré au capital d’Accor dès 2008 et en déclarant qu’il «n’y a pas de vision financière sans vision industrielle».
Les représentants du comité central d’entreprise d’Accor ont été chaleureusement applaudis par la salle, lorsqu’ils ont remercié Denis Hennequin «pour son innovation, son indépendance et son courage» et déploré la démission de Franck Riboud; mais ont été hués lorsqu’ils ont proposé la montée de l’Etat au capital, qui n’en détient plus que 3,2% (4,9% des droits de vote) via le FSI et la CDC.
La colère des actionnaires s’est ressentie sur la nomination d’Iris Knobloch, proposée comme administratrice au dernier moment, avec près de 40% de voix contre. Un avertissement à la nouvelle gouvernance tricéphale.
Aux nombreuses questions d’actionnaires demandant les raison du départ de Denis Hennequin, Philippe Citerne s’est systématiquement caché derrière le secret des délibérations du conseil. En marge de l’AG, il a expliqué que le plan 2016 reste valable, mais que plusieurs chemins peuvent être utilisés pour y arriver. Toutefois, le projet de scission de l’immobilier n’est pas à l’ordre du jour. «On ne bouge pas le cap, a ajouté Sébastien Bazin. Les réserves de Denis Hennequin sur le cap n’étaient pas assez fondées pour être acceptées par le conseil».
Le conseil ne cesse d’évoquer une accélération de la stratégie. Mais si Philippe Citerne veut prendre le temps nécessaire pour trouver le nouveau patron, il ne faut «pas perdre de temps» a ajouté Sébastien Bazin, déclarant que Yann Caillère «sera peut-être le capitaine».
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