La nouvelle direction d’Areva a trois mois pour présenter son plan de sauvetage
Le tandem Philippe Varin-Philippe Knoche prendra officiellement les commandes d’Areva le 8 janvier 2015. La date de l’AG destinée à modifier le mode de gouvernance du groupe de nucléaire a été arrêtée hier par le conseil de surveillance. Le futur conseil d’administration comprendra 8 membres, dont deux proposés par l’Etat.
Sans attendre cette AG, Philippe Varin a intégré dès hier le conseil de surveillance ce qui «permettra d’approfondir l’analyse des éléments financiers rendus publics par le directoire le 18 novembre et d’élaborer les mesures de redressement aujourd’hui nécessaires», a déclaré Pierre Blayau, actuel président du conseil de surveillance, qui quittera le groupe en janvier. Un comité ad hoc, composé de membres du comité stratégique et du comité d’audit, contribuera à ces travaux.
Cette nouvelle direction a trois mois pour élaborer le sauvetage du groupe, étranglé par 5 milliards de dette nette, près de 10 fois son Ebitda. Auditionné hier à l’Assemblée nationale, Philippe Knoche, actuel directeur général délégué d’Areva, a indiqué que la direction présentera d’ici à février 2015 un plan complet visant à renforcer la compétitivité et la structure financière.
Alors que le groupe déroule depuis 2012 un plan d’économies censé lui faire gagner 1,2 milliard d’euros d’ici à 2016, d’autres tours de vis sont à prévoir. «Nous réalisons un tiers de notre chiffre d’affaires en France, nous avons plus de la moitié de nos effectifs en France (65% précisément, ndlr), c’est une fierté, mais (...) que ce soit en France ou à l’international nous sommes soumis à des pressions et à de la concurrence forte dans des marchés dégradés», a expliqué Philippe Knoche. «Nous avons quelques chantiers à ouvrir, ils sont connus des organisations syndicales», a-t-il ajouté. Le groupe emploie 45.000 personnes au total.
Concernant la structure financière, le groupe dispose «de plus de 2 milliards d’euros de trésorerie en banque, qui sont en face de 7 milliards de dettes brutes, mais il n’y a aucun sujet de trésorerie à court terme», a rassuré le directeur général délégué. Le plan qui sera annoncé en février devra tout de même permettre à Areva de s’extirper du «cercle vicieux du surendettement». Toutes les pistes sont ouvertes, mais «il n’y a pas de solution simple que ce soit en termes de partenariat ou de recapitalisation», a reconnu Philippe Knoche.
Plus d'articles du même thème
-
« La dynamique des bénéfices reste le principal moteur des marchés »
Laurent Denize, directeur des investissements chez Oddo BHF AM -
«Le mouvement baissier sur les taux Bunds nous semble inéluctable, le débat porte sur le rythme»
Julien Petit, responsable de la gestion crédit & absolute return chez Arkéa AM. -
«Croissance et inflation limitent le potentiel de dépréciation du dollar à court terme»
Amélie Derambure, responsable de stratégies d’investissement multi-actifs chez Amundi.
ETF à la Une
VanEck lance un ETF sur les infrastructures d'électrification
- TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
- Atalian s’apprête à passer sous le contrôle de ses créanciers
- Le Crédit Mutuel vante la banque à réseau pour concéder l'inévitable passage au digital
- Berkshire Hathaway mise sur la promotion immobilière résidentielle
- Novobanco galvanise les ambitions de BPCE
Contenu de nos partenaires
-
Question 9Bourse : faut-il sortir de la tech et de l’IA ?
L'engouement boursier pour l'IA interroge sur le risque d'une bulle financière. La diversification reste recommandée pour limiter la concentration de son patrimoine -
TribuneAffaire Lyhanna : « Il est temps de retrouver le lien entre la justice et les citoyens » – par Alain Bauer
« La parole des enfants n’est plus prise en compte par défaut. Au contraire, une présomption de mensonge prend le dessus et le principe de précaution pour préserver le système politico-judiciaire d’une nouvelle crise majeure dépasse la préoccupation essentielle de protection des enfants » -
Tour de visSécurité sociale : clap de fin pour le mythe de la gratuité des soins
Face à l’envolée des dépenses publiques, une « prise de conscience est indispensable », plaide le ministre des Comptes publics David Amiel