La mutation technologique continue de peser sur Pearson

L'éditeur, qui a fortement modifié son portefeuille ces dernières années, abaisse sa prévision de résultats 2012 et s’attend à une année difficile
Olivier Pinaud

Malgré sa structure financière solide, Pearson subit lui aussi de plein fouet la mutation numérique du secteur de l’édition et des médias. Le groupe britannique, propriétaire notamment du Financial Times, a abaissé sa prévision de résultats pour 2012. Il anticipe désormais un bénéfice ajusté par action d’environ 84 pence pour le dernier exercice, contre une prévision de 84,9 annoncée en octobre. La révision est minime mais elle confirme l’accentuation des contraintes économiques auxquelles Pearson fait face depuis plusieurs mois déjà et qui promettent une année 2013 difficile.

Le groupe d’édition, qui tire environ les deux tiers de ses revenus annuels des manuels et des services d’éducation, est contrarié par les restrictions budgétaires des Etats. Le risque de contraction automatique des dépenses fédérales aux Etats-Unis pour régler le fiscal cliff pèse directement sur l’éditeur. Pearson dégage 44% de son chiffre d’affaires dans l’éducation américaine. Exane BNP Paribas rappelle toutefois que seule une petite partie de ses revenus dépend des commandes de l’Etat fédéral. Et si des mesures de «séquestration» automatique étaient mises en place dans les prochaines semaines, elles ne représenteraient que 0,3% du chiffre d’affaires de Pearson.

C’est surtout la mutation technologique de ses métiers qui pousse Pearson à adapter son modèle. Entre 2008 et 2012, Pearson a vendu en moyenne 6% de son chiffre d’affaires annuel ce qui en fait le groupe d’édition européen le plus dynamique en la matière. Il est du coup l’un des éditeurs les moins endettés, avec un multiple dette nette sur Ebitda inférieur à 1, et l’un des mieux valorisés avec un multiple de capitalisation des bénéfices (PER) de près de 14 fois, le plus élevé du secteur.

Dans ce cadre, la fusion annoncée de sa filiale Penguin avec Random House, l'éditeur de son homologue allemand Bertelsmann, doit permettre d’atteindre une taille suffisante pour générer des économies et plus peser face aux nouveaux distributeurs, Amazon ou Apple. Aux Etats-Unis, Penguin Random House détiendra 29% du marché de l'édition, soit trois fois plus que son premier concurrent HarperCollins. Selon des estimations, le rapprochement pourrait permettre de raboter de 2% à 3% chaque année la structure de coût combinée du nouvel ensemble. La direction de Pearson pourrait aller plus loin. Même si elle s’en défend, elle envisagerait de céder le FT.

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