La hausse des tarifs d’EDF ne suffira pas à compenser l’inflation de ses coûts
Les investisseurs n’ont pas caché leur satisfaction après l’annonce par le gouvernement d’une hausse des tarifs réglementés d’EDF supérieure aux attentes. Plus forte progression du CAC 40, le cours de Bourse de l’énergéticien s’est envolé de 9,3% hier pour clôturer à 19,4 euros.
Soumise à l’avis consultatif de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), la proposition d’une augmentation des tarifs de 5% au 1er août 2013, suivie d’une hausse identique au 1er août 2014, constitue en effet un changement notable par rapport aux hausses minimales appliquées depuis une dizaine d’années.
Pour limiter l’impact négatif de ce rattrapage tarifaire sur les ménages, le gouvernement a indiqué qu’il ajusterait à la baisse le montant des abonnements à faible puissance et qu’il réunirait à la rentrée un groupe de travail pour relancer les offres dites «à effacements», qui différencient les tarifs entre les périodes de consommation de pointe et les périodes creuses.
Tout en approuvant une décision «nécessaire et responsable», l’association nationale des opérateurs détaillants en énergie (Anode), qui regroupe les rivaux d’EDF, restera vigilante pour s’assurer qu’il y ait bien «une couverture totale et définitive des coûts à l’horizon 2015, en fonction notamment de leurs évolutions réelles (tarifs d’acheminement, coût de production nucléaire, impact des certificats d’économies d’énergies)».
C’est bien le nœud du problème selon les analystes d’UBS, pour lesquels cette inflexion bienvenue de politique tarifaire «n’apportera pas de solution structurelle aux cash flows libres négatifs et à la hausse de l’endettement du groupe», compte tenu d’une faible marge de manœuvre sur les investissements qui demeureront élevés. Ajoutant que la dette d’EDF continuera à augmenter d’ici à la fin de la décennie si le dividende reste constant, ils chiffrent à 30% la hausse nécessaire des tarifs réglementés pour parvenir à un cash flow libre équilibré en 2015 après dividendes, ce qui leur semble «impossible dans le contexte macroéconomique actuel».
Ce point de vue est partagé par le bureau d’analyse de Raymond James. Relevant ses prévisions de bénéfices de 4% pour 2013 et de 11% pour 2014, il juge cependant que ces augmentations de prix «ne compenseront vraisemblablement pas la totalité de l’inflation des coûts, d’où une pression sur les marges et une génération de trésorerie nette toujours négative».
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