La hausse des prix fournisseurs inquiète désormais plus de la moitié des PME françaises

Les difficultés d’accès au crédit affectent moins la volonté d’investir de leurs dirigeants, selon le dernier baromètre KPMG-CGPME
Yves-Marc Le Reour

Réalisé par l’Ifop en décembre auprès de 402 dirigeants d’entreprises françaises de 10 à 500 salariés, le huitième baromètre KPMG-CGPME fait passer, pour la première fois depuis sa création, la hausse des prix des fournisseurs avant le repli du chiffre d’affaires comme principale difficulté rencontrée. L’augmentation des coûts embarqués est citée par 51% des chefs d’entreprise, soit 9 points de plus qu’en septembre 2010 et 21 points de plus que l’an dernier à la même époque. La baisse du chiffre d’affaires n’est plus mentionnée que par 38% des sondés contre 42% à l’automne dernier et 58% un an plus tôt, les problèmes de trésorerie ou de financement arrivant toujours en troisième position (26%, +5 points en 3 mois).

Les responsables considèrent à 28% (contre 21% à l’automne dernier) que «l’environnement économique actuel a une influence négative sur leurs conditions d’accès au crédit». Cette proportion atteint presque un tiers des dirigeants dans les sociétés de 20 à 250 salariés ainsi que dans les services. Malgré cela, seulement un quart d’entre eux (contre 28%) déclarent désormais restreindre leurs investissements ou leurs demandes de crédit, la baisse étant particulièrement marquée dans le BTP (20% contre 32%) et pour le financement de l’exploitation (43%, -9 points).

Si la part des chefs d’entreprise estimant avoir au moins un besoin de financement est restée stable (60% contre 59%), ce besoin augmente fortement dans l’industrie (+10 points à 71%). 62% d’entre eux (+3 points) ont recours à des crédits à taux fixes pour financer l’exploitation. Pour le financement des investissements, les crédits jugés nécessaires s’orientent davantage vers les investissements de remplacement (57% contre 48%), au détriment des investissements de croissance.

64% des PME (contre 68%) estiment être confrontées à un durcissement des financements bancaires, ce qui passe essentiellement par «des frais élevés ou des montants plus faibles que souhaités». Dans ce contexte, de plus en plus de dirigeants (45%, +6 points) envisagent d’examiner les conditions de banques concurrentes. Enfin, seulement 17% considèrent que les réductions d’avantages fiscaux prévues dans la loi de finances 2011 «auront un impact négatif important» sur le financement de leur entreprise.

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