La gestion des risques doit aussi permettre la création de valeur
Dirigeants et administrateurs ont-ils trop confiance dans la gestion de leurs risques? Telle est la question que se pose Deloitte après les conclusions d’une étude, dévoilée ce matin, réalisée pour le cabinet d’audit et de conseil par Forbes Insight auprès de 300 dirigeants et administrateurs de grandes entreprises dans le monde.
Si près de neuf dirigeants sur dix estiment que la gestion des risques doit se concentrer sur la création de valeur, et ne pas se limiter à la prévention des risques, ils peinent à passer à l’acte. Seulement une société sur deux prend des mesures adaptées. Pourtant, le management estime que la gestion des risques permettra d’améliorer la fidélisation des clients (34%), d’améliorer la rentabilité (28%), d’assurer la réussite des fusions (26%), de trouver de nouvelles opportunités commerciales (25%) et d’exploiter la puissance des nouvelles technologies (24%). «Les dirigeants attendent que les risk managers les aident sur la performance et sur la création de valeur et non seulement sur les risques menaçant des actifs existants, explique Marc Duchevet, associé risk advisory chez Deloitte. En particulier, les PDG veulent être éclairés sur les nouveaux risques disruptifs (intelligence artificielle…) qui constituent aussi des opportunités stratégiques et ne doivent donc pas être présentés de manière anxiogène. C’est encore loin d’être le cas dans toutes les entreprises aujourd’hui.»
Plus de quatre entreprises sur cinq estiment prendre le «bon» niveau de risque. Et près de 40% considèrent avoir un équilibre risques/bénéfices supérieur à la moyenne. Un trop grand optimisme, pour Deloitte. Un axe d’amélioration réside dans une meilleure définition du rôle du directeur des risques. Le métier de risk manager évolue. «Son profil change. Il doit faire un gros effort pour intégrer les sujets stratégiques, poursuit Marc Duchevet. Il ne peut plus se contenter d’un simple rôle de fonction support et doit, de lui-même, aller au contact des fonctions plus stratégiques.» D’autant que les risques et opportunités stratégiques évoluent dans le temps. Si aujourd’hui, le développement durable et l’innovation figurent au premier rang des risques, «demain ce sera les alliances stratégiques, ajoute Marc Duchevet. Les entreprises cherchent de plus en plus à travailler avec des sociétés tierces. Le risk manager doit anticiper ce mouvement et donc sortir du périmètre interne de l’entreprise.»
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