La fusion EADS-BAE offrirait enfin une porte de sortie à Lagardère
Lagardère n’a jamais caché sa volonté de vendre ses 7,5% au capital d’EADS. S’il aboutit, le projet de fusion avec BAE Systems pourrait faciliter sa sortie. D’une part, la levée des pactes d’actionnaires et de la contrainte d’équilibre franco-allemand lui offriraient plus de liberté. Ensuite, la liquidité boursière du nouveau groupe pourrait plus facilement supporter un tel afflux de titres.
Pour Lagardère, l’enjeu est de taille. A eux seuls, les 7,5% au capital d’EADS, valorisés hier un peu moins de 1,6 milliard d’euros, représentent la moitié de sa capitalisation boursière. «Comme le groupe est endetté, avec une dette représentant 2,7 fois l’excédent brut d’exploitation estimé pour 2012, et faiblement valorisé, environ 5 fois le résultat d’exploitation, il est facile de voir à quel point une cession de cette participation constituerait un catalyseur important pour son histoire boursière», reconnaissent les analystes d’Exane BNP Paribas.
Lagardère encaisserait une plus-value majeure. La participation dans EADS, obtenue lors de la création en 2000 du groupe d’Aéronautique via l’apport d’Aérospatiale Matra, vaut 185 millions d’euros dans les livres de Lagardère. Une portion significative de la plus-value pourrait ainsi être reversée aux actionnaires sous forme de dividende exceptionnel. En 2006, lors de vente du bloc d’actions T-Online, Lagardère avait reversé la moitié du gain, soit 2 euros par action. Arnaud Lagardère, premier actionnaire du groupe construit par son père, pourrait profiter de ce versement pour réduire son endettement personnel souscrit en 2005 et 2007 lors de sa montée au capital.
La cession de cette participation permettrait aussi de diminuer de 10 points la décote de conglomérat de 25% dont souffre l’action Lagardère, estime Exane BNP Paribas. Pourtant, en deux jours, l’action n’a gagné que 4%. Signe que le marché doute de la réussite du projet de fusion. L’effet positif a également été atténué par la chute de 15% du titre EADS. Kepler rappelle que chaque baisse de 10% de l’action EADS ampute d’un euro la valeur du titre Lagardère. Enfin, alors qu’il espérait éventuellement pouvoir vendre ses parts fin 2013, Lagardère risque de devoir patienter un peu plus longtemps. La fusion entre EADS et BAE nécessitera une bonne année de travail et encore quelques mois avant que la structure ne soit stabilisée.
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