La fronde monte chez les actionnaires de Sodexo
Une claque pour Sodexo. Hier soir, les actionnaires réunis en assemblée générale ont rejeté la convention réglementée entre Sodexo et Bellon SA, la holding de contrôle, pour 6,2 millions d’euros. La famille Bellon et Michel Landel ne votant pas, elle n’a recueilli que 42,79% des suffrages.
En revanche, la famille Bellon, avec 37,7% du capital et 50,9% des droits de vote, a permis un vote positif sur le «say on pay» : 99,74% pour la rémunération du président du conseil, Pierre Bellon, et 81,20% pour celle du directeur général, Michel Landel. Compte tenu du quorum de 75,3%, les actionnaires - hors famille Bellon - n’ont en réalité approuvé qu'à 28% cette dernière résolution, selon nos calculs.
En termes de rémunération des dirigeants, Sodexo fait le grand écart. Si Pierre Bellon ne touche rien hormis 53.740 euros de jetons de présence, Michel Landel a droit à près de 4 millions d’euros. Une rémunération réparties en trois principaux éléments: 37.000 actions de performance valorisées près de 2 millions, sous réserve d’une croissance annuelle cumulée d’au moins 6% du résultat net entre 2012 et 2015; un fixe de 933.400 euros et un variable de 1 million d’euros. Ce variable est constitué à 80% de la prime d’objectifs, correspondant à 87,6% de la rémunération fixe (compte tenu de l’atteinte partielle des objectifs), et à 20% de l’indemnité de déplacement, soit près de 210.000 euros. Un montant qui peut paraître surprenant. D’autant que cela semble une exception parmi les grandes sociétés.
Quoi qu’il en soit, la rémunération globale de Michel Landel est loin de faire l’unanimité. Si l’AFG a estimé que les résolutions n’étaient pas contraires à ses recommandations, ISS et Proxinvest ont recommandé de voter contre cette résolution. Proxinvest souligne la «part importante reposant sur la performance à long terme», mais regrette « un manque d’explications sur certains points clés tels qu’une rémunération fixe et totale excédant significativement les sociétés de taille comparable ainsi qu’une rémunération variable annuelle non vérifiable en hausse dans le contexte d’un exercice de croissance modeste ».
Déjà le 8 janvier dernier, les actionnaires de Zodiac n’ont approuvé qu’à 73% la rémunération d’Olivier Zarrouati, président du directoire et celle du directeur général délégué Maurice Pinault, membre du directoire. Pourtant les premiers «say on pay» avaient commencé sous d’heureux auspices: plus de 98% chez Pernod-Ricard; et plus de 97% chez Eutelsat à l’automne dernier.
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