La France pèse lourdement sur les comptes de Kingfisher
Véronique Laury, qui prendra les rênes de Kingfisher dans quinze jours, aura pour premier défi de redresser l’activité en France (Castorama et Brico Dépôt), qui représentait l’an dernier 40% des ventes et 49% du résultat opérationnel du groupe britannique de bricolage. L’ancienne patronne de Castorama, nommée en septembre dernier, remplace le directeur général Ian Cheshire. Marc Ténart prendra sa suite comme directeur général de Castorama France. Avec Daniel Bernard comme président du conseil, le très britannique Kingfisher sera dirigé par un binôme français.
«Nous maintenons des prévisions prudentes, notamment pour la France, et nous nous concentrons sur l’amélioration de nos marges et la mise en œuvre de nos initiatives de réduction des coûts pour améliorer notre performance», a assuré Ian Cheschire. Aussi, «étant donné l’environnement économique, le temps chaud et des comparables plus difficile, il est difficile d’être optimiste pour le quatrième trimestre», note Credit Suisse, tout en réduisant ses objectifs pour l’ensemble de l’exercice. L’action Kingfisher reculait de 4,11% à 291,30 pence hier à Londres.
En effet, au troisième trimestre, le résultat opérationnel a chuté de 6,9% à changes constants (et même de 11,8% en données publiées) à 225 millions de livres (pour un consensus Bloomberg à 229 millions), et de 3,6% hors coûts de développement sur les nouveaux marchés d’Allemagne, du Portugal et de Roumanie. Le rebond de 11,2% de l’opérationnel au Royaume-Uni et en Irlande n’a pas suffi à compenser la chute de 8,4% en France liée à la morosité persistante, aux hausses d’impôts et à un environnement de promotions tarifaires accrues, explique le numéro un européen du bricolage. Néanmoins, la marge opérationnelle en France, qui recule de 12% à 11,2% reste bien supérieure à celle de la Grande-Bretagne, qui augmente cependant de 5,8% à 6,1%.
Sur la même période, les ventes de Kingfisher ont reculé de 0,9% à surface comparable et à changes constants (-3,6% en publiées) à 2,8 milliards de livres (3,5 milliards d’euros), avec un recul de 4% en France lié à la faiblesse de la conjoncture économique, mais avec une reprise de 2,6% au Royaume-Uni et en Irlande, grâce à une meilleure conjoncture et au rebond de 13,1% du chiffre d’affaires de Screwfix.
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