La Fnac cède près de 14% pour son retour en Bourse
Difficile de trouver plus mauvais jour pour entrer en Bourse! La première cotation de la Fnac, qui promettait déjà d’être difficile, a en plus pâti du changement de politique de la Fed. Dès l’ouverture, l’action Fnac a cédé plus de 10%, évoluant en séance entre 19 et 20 euros, avant de clôturer en recul de 13,64% à 19 euros.
Pourtant, le cours de référence fixé par la société à 22 euros était déjà particulièrement bas... Il valorise le groupe de biens culturels sur des multiples valeur d’entreprise sur chiffre d’affaires et sur résultat d’exploitation 2013, respectivement de 0,1 fois et 7 fois selon Aurel BGC. La Fnac ne vaut désormais que 315 millions d’euros, dans le bas de la fourchette estimée de 300 à 500 millions selon les récentes analyses.
Près de 6% du capital ont été échangés, soit plus de 9% du flottant, Artemis – maison mère de Kering (ex-PPR) – détenant 38,8% du capital. Un volume d’échanges peu surprenant, les fonds indiciels (notamment sur le CAC 40 où figure Kering) et sectoriels (en particulier sur le luxe) sortant automatiquement le titre issu de la scission de Kering, sans compter les gestions qui ne veulent pas conserver ce titre à risque dans leur portefeuille.
Face à cet important flux vendeur, les investisseurs ne semblent pas prêts à parier sur un titre, dont le secteur est en plein marasme, à l’instar de Virgin, en liquidation judiciaire. Faudra-t-il attendre que l’action continue à baisser pour qu’ils jouent le redressement de la Fnac ? Lors de la présentation des semestriels le mois prochain, le PDG, Alexandre Bompard, devra tenter de convaincre le marché, notamment par un gain de nouvelles parts de marché.
Lors des deux précédentes scissions du CAC 40, les premiers jours de cotation étaient contrastés. Edenred, les services prépayés d’Accor, avait gagné près de 30% lors de sa première séance en juillet 2010, tandis que Dia, le hard discount de Carrefour, avait cédé 8,5% pour sa première cotation, à Madrid, en juillet 2011.
Pour sa part, Kering a cédé hier 5,94% à 152,75 euros. Aurel BGC a ajusté son objectif de cours de 180 à 174 euros «pour intégrer la sortie de la Fnac (4 euros, sur la base de notre valorisation de 500 millions) et son impact sur la dette nette de Kering (2 euros) qui a recapitalisé l’enseigne pour plus de 300 millions avant le spin-off». Pour sa part, CM-CIC a ajusté son cours de 170 à 166 euros, et Kepler Cheuvreux de 160 à 156 euros.
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