La faible valorisation de Marks & Spencer nourrit la spéculation sur une OPA
Après le Printemps du boulevard Haussmann à Paris, le Qatar pourrait fondre sur les grands magasins de Marks & Spencer. Lancée ce week-end par le Sunday Times, la rumeur a rencontré un bel écho hier à la Bourse de Londres. Le cours de l’action du distributeur britannique a bondi de 6,87%.
Une source proche de Qatar Investment Authority, le fonds d’investissement de l’émirat qui détient déjà 26% de la chaîne de supermarchés J. Sainsbury, a pourtant démenti auprès de Reuters la rumeur d’OPA. Au cours d’hier, Marks & Spencer capitalise 6,4 milliards de livres (environ 7,5 milliards d’euros). En ajoutant une prime de contrôle de 30%, le montant d’une offre publique pourrait approcher 8,3 milliards de livres (10 milliards d’euros). Le groupe britannique n’a fait aucun commentaire.
S’ils sont non confirmés, ces bruits d’opération sur Marks & Spencer mettent toutefois en lumière la faible valorisation du distributeur. Selon Morgan Stanley, comparée à l’indice FT All Share, l’action évolue à son plus faible niveau depuis 2001, hormis le creux de la crise de 2008. Le cours capitalise 10 fois la prévision de bénéfice pour l’exercice en cours, contre une moyenne de 15 fois pour les 20 dernières années, et de 12 fois pour la dernière décennie. Le groupe fondé il y a 128 ans offre un rendement du dividende de 4,8%, le plus élevé de tous les distributeurs suivis par Morgan Stanley.
Cette faible valorisation illustre les difficultés persistantes du groupe, malgré le plan de relance initié sous l’impulsion de Marc Bolland, arrivé à la direction générale en 2010. Malgré sa décision en juillet de nommer une nouvelle équipe de management pour redresser les ventes d’habillement et d’autres produits non alimentaires, la division de «general merchandise» a continué à décliner, même pendant la période cruciale de Noël. La sortie à l’été prochain de la première collection de la nouvelle équipe de direction constituera un test crucial pour le groupe.
Quoi qu’il en soit, une éventuelle OPA devrait être amicale. Véritable institution outre-Manche, Marks & Spencer est soutenu par une armée de petits actionnaires qui représentent à eux seuls environ un quart du capital. Ils s’étaient opposés avec succès il y a neuf ans à la tentative de contrôle initiée par Philip Green qui était prêt à mettre 9,1 milliards de livres sur la table.
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