La désastreuse IPO de Tekka en 2011 rattrape Bryan Garnier
Entrée sur Alternext en février 2011, liquidée en septembre 2012, Tekka ne constitue pas la meilleure expérience de Bryan Garnier & Co en matière d’introduction en Bourse. Quatre ans plus tard, le dossier vaut au listing sponsor une procédure de sanction de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Lors de l’audition tenue hier, le représentant du Collège de l’AMF a réclamé une amende de 300.000 euros, assortie d’un blâme, à l’encontre de Bryan Garnier ainsi que 40.000 euros et un blâme pour son dirigeant, Olivier Garnier.
Thierry Rota, l’ancien président et premier actionnaire de Tekka, risque pour sa part 150.000 euros d’amende. 30.000 euros ont été requis contre son ancien commissaire aux comptes, Gilles Barjhoux.
Outre des reproches sur l’information financière fournie par la société d’implants dentaires après son IPO, l’un des trois griefs reprochés à Bryan Garnier concerne le placement des actions Tekka en février 2011, pour un montant de 11 millions d’euros. Comme l’a reconnu Virginie Lazès, l’associée de la banque en charge de l’IPO, lors de ses auditions par les enquêteurs de l’AMF, «le placement était compliqué». A quelques heures de la clôture du livre, les ordres d’achats collectés auprès des investisseurs étaient insuffisants pour couvrir 75% de l’offre, seuil de réussite de l’IPO et donc de perception des 4% de commission du listing sponsor. Au dernier moment, un ordre de 1,5 million d’euros passé par Mont-Blanc Gestion contre une rémunération de 2% permet d’atteindre les 75% fatidiques. Le bloc sera racheté dès les premières heures de cotation de Tekka via le contrat de liquidité mis en œuvre par la société, au point de représenter 90% de sa capacité d’intervention.
Selon le rapporteur de l’AMF, qui reconnaît que l’IPO n’est pas à l’origine de la liquidation de la société, cette «opération a privé Tekka d’une partie des liquidités dont elle aurait eu besoin». Olivier Garnier et son avocat, Muriel Goldberg-Darmon de DLA-Piper, se défendent de toute atteinte aux intérêts de Tekka et à l’intégrité du marché.
«Aucune disposition de l’AMF n’empêche une telle mise en œuvre du contrat de liquidité», assure Muriel Goldberg-Darmon, qui rappelle que le mécanisme visait à éviter une cession massive d’actions sur le marché à l’ouverture de la cotation. Cela nourrit en revanche le débat sur la transparence des processus d’introduction en Bourse.
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