La délégation de pouvoir constitue un bon outil de prévention du risque pénal
Le risque pénal des entreprises et de leurs dirigeants est une réalité. Une entreprise sur trois a fait l’objet d’une mise en cause pénale en 2013, selon l’observatoire réalisée par l’assureur AIG et le cabinet d’avocat Lexcom, avec SquareMetric. Si 2% des répondants chiffrent le risque à plus de 10 millions d’euros, 60% l’estiment inférieur à 10.000 euros. Des frais sous-estimés, sans compter les dommages collatéraux en termes financiers et d’image, souligne Caroline Joly, avocate associée Lexcom.
Toutes les entreprises ne sont pas préparées à faire face à ce risque pénal et les réflexes à avoir en cas de poursuite sont généralement méconnus. Le chef d’entreprise reste de très loin la personne la plus exposée à ce risque, même s’il n’a pas lui-même commis l’infraction. Or, seulement la moitié des dirigeants ont conscience de ces risques. «Une mauvaise connaissance des enjeux peut être à l’origine d’une absence de mise en place d’outils, constituant une circonstance aggravante devant les tribunaux», explique Caroline Joly, martelant l’importance d’anticiper les risques, d’établir une cartographie, et surtout de mettre en place des délégations de pouvoir répartissant les responsabilités. Pour que la délégation soit efficace, «le délégataire doit être pourvu de la compétence, de l’autorité et des moyens nécessaires pour mettre en œuvre la mission qui lui est impartie par le délégant», poursuit Caroline Joly.
Pour se couvrir face aux risques de responsabilité pénale, les entreprises utilisent en priorité l’assurance et la délégation de pouvoirs jugées efficaces à respectivement 55% et 45%. Les assurances responsabilité civile professionnelle et responsabilité des dirigeants sont les plus couramment souscrites. Les procédures de contrôle interne et le processus conformité n’obtiennent que 42% et 27% d’efficacité.
Dans leur exploitation, un quart des entreprises perçoivent une hausse des risques liées aux activités règlementées (banques, assurances, télécoms…) et à la protection de la vie privée (Cnil). En matière pénale et financière, près d’un tiers des répondants anticipent une augmentation des risques liés aux institutions et aux pays d’implantation. Et, fait marquant de l’année, plus de la moitié des entreprises perçoivent une hausse des risques psycho-sociaux (harcèlement…).
Plus d'articles du même thème
-
L’espoir d’une paix durable s’envole au Moyen-Orient
La reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l’Iran, qui affecte les pays du Golfe, suscite également une controverse à propos du détroit d’Ormuz. -
« Nous restons constructifs sur les actions européennes d’ici la fin d’année »
Mathieu Détouche, gérant actions chez Arkéa Asset Management -
Xavier Niel tisse sa toile dans les télécoms à coups d'acquisitions
Le fondateur du groupe Iliad va racheter la participation de 16,21% de l'opérateur émirati E& Group dans Vodafone. Il façonne progressivement son empire des télécoms, en Europe et en Amérique Latine.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- Le Crédit Agricole a injecté au total plus d’un milliard d’euros dans BforBank
- BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
- Les ambitions d’Air France-KLM sont freinées par des vents contraires
- Apple injecte 30 milliards de dollars dans des puces Broadcom conçues aux Etats-Unis
Contenu de nos partenaires
-
« C’est avant tout une mise en scène du régime iranien » : ce que cachent les impressionnantes funérailles d'Ali Khamenei
L'événement s'est mué en vaste opération de propagande destinée à montrer que le régime de Téhéran reste bien en place -
Think againLes seuls opposants de Marine Le Pen sont les marchés
La candidate d'extrême droite domine aujourd'hui largement les sondages pour l'élection présidentielle de 2027 mais les marchés, en pleine effervescence mondiale, pourrait entraver son ascension -
Mer d’Azov : l’Ukraine amplifie ses attaques contre la flotte fantôme russe
28 navires de la flotte fantôme russe ont été attaqués dans la mer d’Azov, a révélé, samedi 11 juillet, Robert Brovdi, le chef des forces de système sans pilote de l’armée ukrainienne. De son côté, la Russie continue sa campagne aérienne de frappes par drones et missiles, tout en luttant sur la ligne de front