La dégradation de ses résultats pousse Nexans à augmenter son capital
En pleine crise, Nexans émet un avertissement sur ses résultats 2013, réduit ses effectifs en Europe, et lance une augmentation de capital. Des annonces sanctionnées par une chute de 14,96% du titre à 36,10 euros.
Après un repli organique de 1,9% de ses ventes au troisième trimestre (-2,9% sur neuf mois), plus marqué que les attentes du marché, le spécialiste du câble ne table plus que sur un Ebitda de 285 à 305 millions d’euros (contre 330 à 350 millions auparavant) alors que le consensus FactSet est toujours à 343 millions, et sur une marge opérationnelle de 130 à 150 millions (contre environ 190 millions).
Au 30 septembre, la dette nette s’élevait à 734 millions d’euros. Bien qu’attendue en baisse sur la fin de l’année, elle pourrait s’alourdir en 2014 sous l’effet des 600 millions d’euros d’investissements prévus sur trois ans. Pour renforcer son bilan, Nexans lance une augmentation de capital avec maintien des droits préférentiels de souscription (DPS) de 284 millions d’euros par l’émission de 12,6 millions d’actions nouvelles, soit 22% de sa capitalisation. 3 actions nouvelles pourront être acquises pour 7 actions détenues au prix unitaire de 22,50 euros, soit une décote de 47% par rapport au cours d’avant l’annonce. Le DPS affiche une valeur théorique de 5,99 euros, tandis que les dilutions brute et réelle ressortent respectivement à 30% et 18,5% sur une base non diluée, selon nos calculs. L’offre, dirigée par BNP Paribas, sera ouverte du 17 au 30 octobre inclus.
Nexans veut améliorer ses ratios dette nette sur Ebitda et dette nette sur capitaux. Le groupe, noté «BB» par S&P, compte soutenir son profil de crédit et optimiser ses coûts de financement. Il pourrait procéder à des rachats ou remboursements de dettes locales pour environ 100 millions d’euros.
L’actionnaire de référence, Quinenco, qui détient 22,5% du capital, s’est engagé à souscrire à l’opération, afin de monter au minimum à 24,9% du capital et des droits de vote et jusqu’à 28%, conformément à l’accord noué avec Nexans. Le second actionnaire, Bpifrance, a l’intention de souscrire au moins à hauteur de ses 5,5% du capital.
Le projet de réorganisation en Europe pour restaurer la compétitivité du groupe entraînera la réduction nette de 429 postes, dont 206 en France, et le transfert de 462 autres. Le coût de ce plan n’est pas chiffré, mais estimé à 200 millions d’euros par CM-CIC et Oddo.
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