La dégradation de la note de crédit de Cegedim pourrait compliquer son équation financière

S&P craint que le redressement plus long que prévu du spécialiste des logiciels de santé ne pénalise son niveau de liquidité et ses covenants
Yves-Marc Le Réour

L’avertissement sur résultats lancé début août par Cegedim pour le second semestre, suite à un mois de juin très décevant, place le spécialiste des logiciels de santé sur la voie d’un redressement bien plus long que prévu pour sa principale division CRM et données stratégiques. Alors qu’il tablait encore courant juin sur une progression de son chiffre d’affaires consolidé et de son excédent brut d’exploitation au deuxième semestre 2012 par rapport à la même période de 2011, le groupe vise désormais une simple stabilité.

L’abaissement de sa note de crédit par S&P jeudi, de B+ à B «avec mise sous surveillance négative pour une période de 3 mois», reflète la préoccupation accrue de l’agence concernant le niveau de liquidité du groupe et ses covenants bancaires, la marge de manœuvre sur ces derniers restant vraisemblablement «inférieure à 15% d’ici fin 2012». Cette dégradation affecte également l’émission obligataire de 280 millions d’euros venant à échéance en juillet 2015. La probabilité de remboursement des créanciers en cas d’un défaut de paiement est estimée entre 50 et 70%.

Alors que l’action Cegedim a chuté de 30% depuis le début du mois, les analystes de CM-CIC Securities jugent que le recul de la valeur de l’obligation «devrait s’accentuer à la suite de la nouvelle dégradation de S&P, le free cash flow estimé pour 2012 (35 millions d’euros) ne couvrant désormais que 85% de l’annuité de sa dette bancaire qui s’élève à 40 millions». Mais ils ajoutent que le risque de liquidité à 2 ans reste faible avec une trésorerie brute de 70 millions et une durée de 3 ans disponible pour le refinancement de sa souche obligataire. En outre, le cours de Bourse est inférieur de 12% aux 19 euros estimés comme valeur à la casse pour les minoritaires, «même si un scénario de cession globale (…) paraît aujourd’hui impraticable au regard de l’actionnariat», essentiellement familial, le FSI détenant également 15% du capital.

Le bureau d’analyse en déduit que «la persistance de la crise pourrait donc conduire les dirigeants à prendre des mesures plus radicales pour restructurer le groupe sur le plan opérationnel et financier, avec un risque de dilution marginal pour les actionnaires et un refinancement anticipé pour les porteurs de dette.» La publication des résultats semestriels de Cegedim est attendue le 19 septembre après Bourse.

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