La croissance du secteur parapétrolier ne sera pas sans risque

L’afflux d’investissements des producteurs de pétrole profitera encore au secteur en 2013. Mais la concurrence menace de plus en plus
Olivier Pinaud

Avec des cours du pétrole à des niveaux durablement élevés et une reprise des investissements en exploration-production des majors, les groupes de services parapétroliers ont échappé au ralentissement économique. Et 2013 s’annonce dans la même veine.

«Le monde souffre de plus en plus d’un déficit en énergie, les prix des hydrocarbures sont à des niveaux attractifs pour investir, les investissements sont en croissance et les groupes de services étant situés au niveau du goulot d’étranglement de la chaîne de valeur, ils sont bien placés pour capter la part du lion de cette tendance», estiment les analystes de Barclays. Ils rappellent que les producteurs de pétrole devraient investir 644 milliards de dollars cette année au niveau mondial dans l’exploration-production, soit 7% de plus qu’en 2012.

Cette manne profitera inévitablement aux prestataires des majors. Portés par des explorations de plus en plus complexes, les groupes de forage en mer ou de services en eaux profondes devraient afficher une croissance annuelle moyenne de leur chiffre d’affaires comprise entre 9% et 12% d’ici à 2015, selon la Société Générale. La croissance à venir des revenus des spécialistes des services de géophysique s’établira à 9,5%. Au total, les analystes de la banque française estiment que le marché mondial des services parapétroliers passera de 571 milliards de dollars en 2012 à 606 milliards en 2013 et à 666 milliards en 2015.

Bien balisée, la voie n’est pourtant pas sans risque. Dans les services de géophysique, la technologie reste un argument de différenciation cruciale entre les différents opérateurs. Or tous promeuvent actuellement de nouvelles solutions sans la garantie que celles-ci soient retenues par les clients. Surtout, l’afflux de milliards de dollars dans le secteur a suscité de nouvelles vocations. Et comme l’indique la Société Générale, les barrières à l’entrée ne sont pas aussi élevées qu’on le pense. Seadrill n'était qu’une start-up il y a dix ans, rappelle Credit Suisse.

Cette montée de la concurrence aurait un double effet: en plus de peser sur les prix de vente, elle pousse à une modification du modèle du secteur. Récemment, plusieurs groupes de services ont indiqué avoir souscrit dans certains pays des contrats sans paiement à la commande, ce qui est pourtant la norme dans le secteur.

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