La croissance de Faurecia dépendra de moins en moins de l’Europe et de PSA
Faurecia entend capter les poches de croissance du marché automobile grâce à des liens renforcés avec les constructeurs allemands bien implantés dans les pays émergents. Lors de la «journée investisseurs» qui s’est tenue hier, le groupe a confirmé anticiper à l’horizon 2014 une marge opérationnelle de 5% à 6% et un ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation (Ebitda) inférieur à 0,5 fois, des prévisions inchangées par rapport à celles de juin 2010.
Mais le groupe est devenu beaucoup plus ambitieux sur son activité en visant «un chiffre d’affaires de 20 milliards d’euros en 2015, soit une progression de 25% par rapport aux ventes estimées pour 2011», à comparer à une hausse de 12% initialement prévue sur la période 2010-2014. «Le marché potentiel de Faurecia devrait afficher une croissance supérieure de 2 points à celle de la production automobile mondiale d’ici 2015», souligne Bruno Montmerle, directeur de la stratégie de l’équipementier qui compte surperformer de 3 à 4 points cette production mondiale en gagnant des parts de marché.
Le renforcement de ses liens avec les constructeurs allemands (38,3% du chiffre d’affaires estimé pour 2011) lui permet de profiter de la demande élevée pour les modèles premium (27,4% de ses ventes) et de la croissance des pays émergents. Les Bric représenteraient ainsi 22% de ses débouchés d’ici à 2015 contre 13% à l’heure actuelle, Volkswagen étant déjà le premier client de Faurecia en Chine où l’équipementier entend doubler ses ventes. En revanche, alors que 23% de son chiffre d’affaires était réalisé avec son actionnaire majoritaire PSA en 2008, cette proportion devrait tomber à environ 17% cette année.
Le développement du groupe en Asie et sur le continent américain devrait faire reculer la part de l’Europe dans son chiffre d’affaires à 54% en 2015 contre 63% en 2011. Il prévoit en effet d’investir 2,3 milliards d’euros entre 2011 et 2015 dans la construction de nouvelles usines ou l’agrandissement de sites existants, essentiellement dans les pays à bas coûts qui représenteront 57% des sommes investies et 55 des 63 projets envisagés sur la période. Faurecia est cependant un peu plus prudent sur la rentabilité avant impôts des capitaux employés (Roce) à l’horizon 2014, attendue «au-dessus de 25%» et non plus «entre 26% et 30%». L’action a terminé en hausse de 1,6% à 18,2 euros hier sur le marché parisien.
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