La crise de la zone euro complique la gestion de trésorerie d’EADS

Si la détérioration du BFR a fait tomber dans le rouge le cash flow libre à fin mars, les liquidités totales du groupe restent solides
Yves-Marc Le Réour
A380 à l'atelier. Photo: Fabrice Dimier/Bloomberg
A380 à l'atelier. Photo: Fabrice Dimier/Bloomberg  - 

Les bons résultats trimestriels d’EADS lui permettent de rester optimiste malgré une gestion de trésorerie et une politique de couverture compliquées par la crise de la zone euro. Le directeur financier Hans-Peter Ring fait ainsi état de «vrais problèmes» en Espagne, l’un de ses Etats actionnaires. «C’est l’un de nos gros casse-tête aujourd’hui parce que nous avons vu une forte détérioration de nos partenaires, c’est-à-dire les banques, depuis deux ans et il est devenu beaucoup plus difficile de faire face à un tel contexte», précise le dirigeant.

Si environ la moitié du chiffre d’affaires fait l’objet d’une couverture naturelle grâce aux achats effectués en dollars, le groupe européen a souscrit au cours du premier trimestre de nouveaux contrats de couverture pour 9,9 milliards de dollars au taux moyen de 1,32 dollar pour un euro. Sur cette même période venait à expiration un montant de 4,8 milliards de dollars couverts au taux moyen de 1,39 dollar. A l’horizon 2016, le taux de couverture a été abaissé de 1,36 à 1,34 dollar.

En dépit d’un effet devise défavorable de 50 millions d’euros, le bénéfice d’exploitation (Ebit) ajusté a doublé pour atteindre 480 millions d’euros au premier trimestre, le chiffre d’affaires progressant de 15,6% à 11,4 milliards. La déception provient d’un cash flow libre fortement négatif (-1,2 milliard contre +309 millions à fin mars 2011). Ceci est dû à une forte détérioration du BFR consécutive à «un effet de stockage lié à l’augmentation en cadence du programme A320 et un retard de livraison de l’A380», commente Oddo Securities.

La trésorerie nette à fin mars s’élève donc à 10,7 milliards d’euros contre 12,2 milliards un an auparavant. Mais en y ajoutant des financements obligataires de 4,9 milliards (dont 1,5 milliard provenant de son programme «European Medium Term Notes») et une facilité de crédit confirmé de 3 milliards, les liquidités totales du groupe restent solides. Expirant en 2016, ce crédit syndiqué non tiré, prorogeable deux fois un an, n’est en outre soumis à aucun covenant financier.

Tablant toujours sur un cash flow libre positif et sur un Ebit ajusté supérieur à 2,5 milliards sur l’ensemble de l’exercice, EADS anticipe désormais un bénéfice net par action (BPA) ajusté de plus de 1,85 euro, à comparer à «plus de 1,65 euro» prévu auparavant et à 1,39 euro réalisé en 2011.

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