La Cour des comptes conteste les hausses tarifaires des sociétés d’autoroute
La Cour des comptes a dénoncé mercredi des déséquilibres dans les relations entre l’Etat français et les sociétés d’autoroutes, avec pour conséquence des hausses tarifaires «au caractère contestable», très supérieures à l’inflation. «L’Etat doit jouer un rôle de garant quand il signe une concession, il doit renforcer son pouvoir de pilotage et de négociation, notamment pour protéger le pouvoir d’achat des Français», a réagi Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement citée par Reuters, lors du compte rendu du conseil des ministres.
Dans un rapport effectué pour le compte de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, la Cour s’est penchée sur le réseau concédé, qui représente aujourd’hui les trois quarts des autoroutes françaises et 95% du chiffre d’affaires du secteur. Depuis la privatisation totale des sociétés concessionnaires en 2006, ce réseau réunit trois acteurs puissants, Vinci Autoroutes, APRR (Eiffage) et Sanef (Abertis), qui ont perçu en 2011 un total de 7,6 milliards d’euros de péages.
La Cour souligne que la négociation des avenants aux contrats de concession et le suivi, assuré par le seul ministère chargé des transports, des obligations des concessionnaires «se caractérisent par un déséquilibre au bénéfice des sociétés autoroutières». Elle déplore notamment que le ministère de l’Economie et des Finances n’y soit pas associé.
Les Sages de la rue Cambon relèvent aussi une hausse des tarifs des péages, pour les véhicules légers, supérieure à l’inflation hors tabac (+1,6%), alors qu’un décret de 1995 garantit simplement une hausse de 70% de cet indicateur en l’absence de contrat de plan. Ils recommandent de «revoir le décret de 1995 afin de définir un plafond d’évolution des hausses de tarifs, qui s’appliquerait également aux contrats de plan». Ceux-ci, qui fixent l’évolution des péages pour cinq ans, «devaient être l’exception (...) mais sont devenus la règle», regrette le rapport.
La Cour des comptes constate enfin que la négociation des derniers contrats de plan s’est faite sur la base de taux d’actualisation et donc de rentabilité bien supérieurs aux propositions initiales de l’administration: 8,08% pour APRR et Cofiroute, contre des taux proposés de 6,7% et 6,5%.
Plus d'articles du même thème
-
Le Premier ministre britannique joue la prudence pour son premier budget
Quelques mesures de soutien aux ménages et de légères hausses d’impôts permettront de dégager une petite souplesse budgétaire mais les grandes décisions, portant sur la protection sociale ou le financement de la défense, sont repoussées à plus tard. -
La Fed laisse ses taux inchangés malgré une inflation toujours élevée
La banque centrale américaine a décidé d'opter pour le statu quo en maintenant ses taux à 4%, à quelques semaines des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. -
Airbus maintient son plan de vol pour 2026 à l'issue du troisième trimestre
Si le chiffre d'affaires s'effrite, le bénéfice net bondit de 20% d'une année sur l'autre, à 1,34 milliard d'euros. Le rythme des livraisons sera décisif pour la fin de l'exercice.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Centre du jeuEn Israël, les partis arabes faiseurs de roi, vraiment ?
Les deux listes palestiniennes d'Israël ont connu une progression spectaculaire, mais il faudra d'intenses négociations pour parvenir à une alliance avec l'opposition de Gadi Eisenkot -
Dissonance cognitive« C'est difficile de passer le mur du son » : face à la dette, une présidentielle entre déni et rigueur
Alors que l'envolée des taux d'intérêt menace les finances hexagonales à six mois du scrutin, les candidats peinent à imposer le sujet, quand ils ne l'éludent pas -
AcrobateRoyaume-Uni : un budget pour répondre à la crise au Moyen-Orient
Dans un contexte économique tendu, le ministre des Finances John Healey a joué sur les réserves pour soutenir le pouvoir d'achat des Britanniques. Il a remis à plus tard les décisions qui leur demanderont des efforts