La coquille vide Vallares fusionne avec le groupe pétrolier turc Genel Energy

Le véhicule animé par Tony Hayward et Nathaniel Rothschild met à profit les 1,5 milliard d’euros récoltés en juin dernier
Benoît Menou

Il n’aura fallu que le temps d’un été à Vallares pour respecter sa promesse. Introduit à la Bourse de Londres fin juin dernier, le véhicule d’investissement, coquille fondée notamment par le financier Nathaniel Rothschild et l’ancien directeur général de BP Tony Hayward, a annoncé hier avoir convenu de fusionner avec le groupe pétrolier turc Genel Energy International.

La vocation affichée de Vallares, grâce au succès de son IPO de 1,5 milliard d’euros (1,35 milliard de livres, contre un milliard initialement envisagé), était bien d’acquérir un actif industriel au sein des marchés émergents dans les matières premières, avec une prédilection pour le pétrole et le gaz. Le patron déchu de BP deviendra celui du nouveau groupe et Nathaniel Rothschild administrateur non exécutif. Autre associé-fondateur de Vallares, Julian Metherell, ancien responsable de la banque d’investissement de Goldman Sachs au Royaume-Uni, assurera la direction financière du nouveau Genel.

Pour financer l’acquisition, Vallares émettra 130,6 millions de nouvelles actions pour 1,31 milliard de livres. Elle pourrait être finalisée dès le mois prochain. La cotation des titres Vallares est jusque-là suspendue. Les actionnaires actuels de Genel et de Vallares se partageront ainsi à égalité le capital du nouvel ensemble. Toutefois, l’intérêt économique des actionnaires actuels de Genel sera limité à 29,9% par la conversion d’une part des actions Vallares acquises en titres à droit de vote suspendu. Ces derniers pourront être convertis en actions ordinaires au gré d’éventuelles émissions futures de la part de Vallares, toujours dans le respect de la limite de 29,9% du capital.

L’activité de Genel Energy est concentrée dans la région semi-autonome du Kurdistan irakien, «sans aucun doute l’une des dernières frontières prometteuses dans le domaine du pétrole et du gaz» selon Tony Hayward. Les réserves de la région, déjà convoitées par plus de quarante groupes internationaux dans le cadre de contrats de partage de production, sont estimées à 40 milliards de barils de pétrole. Pour l’heure, Genel Energy dispose de réserves prouvées et probables de 356 millions de barils, et sa production pourrait plus que doubler d’ici 2013 à 90.000 barils par jour, contre 41.000 aujourd’hui. D’ores et déjà, le groupe se voit comme un acteur de poids de la cote londonienne dans le secteur de l’énergie.

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