La contestation monte autour du projet de fusion entre Chiquita et Fyffes
Annoncé en mars dernier, le rapprochement entre l’américain Chiquita et l’irlandais Fyffes en vue de créer le leader mondial de la banane est désormais compromis. A la contestation du duo brésilien Cutrale et Safra, candidats au rachat de Chiquita éconduits le mois dernier, s’ajoute l’opposition de l’influent cabinet de conseil aux investisseurs ISS (Institutional Shareholder Services). «L’enthousiasme apparemment déclinant du marché pour cette opération au cours des derniers mois et la possibilité d’aboutir à une valeur économique supérieure via une opération alternative (…) donnent à penser qu’il n’est pas justifié de soutenir la transaction avec Fyffes dans sa forme actuelle», écrit le cabinet.
Dans le projet actuel, l’entité issue de la fusion, baptisée ChiquitaFyffes, serait détenue à hauteur de 50,7% par les actionnaires du groupe américain et à 49,3% par ceux du groupe irlandais. Si le nouveau groupe doit rester coté à New York, il est néanmoins prévu que son siège social se trouve en Irlande, ce qui permettrait de dégager des économies d’impôt. Or, l’utilisation de cette tax inversion est l’objet de critiques virulentes de la part du gouvernement et des parlementaires américains. De surcroît, Chiquita avait promis en 2012 de conserver pendant 10 ans son siège social à Charlotte, en Caroline du Nord, en échange de subventions locales totalisant 23 millions de dollars (17,5 millions d’euros). Une délocalisation obligerait à renégocier cet accord.
Jugeant que le succès de la fusion était loin d’être garanti, ISS incite les actionnaires de Chiquita à faire ajourner la réunion prévue le 17 septembre, au cours de laquelle ceux-ci doivent se prononcer sur la transaction. Signe d’une incertitude grandissante concernant ce projet, le conseil d’administration de Fyffes a fait savoir jeudi soir à ses propres actionnaires qu’ils pouvaient demander un report de leur réunion prévue le même jour pour avaliser la fusion, «afin de connaître les résultats de la réunion de Chiquita».
Le cabinet de conseil estime qu’entamer des négociations avec d’autres candidats «semble être l’option la plus solide dont disposent les actionnaires de Chiquita pour chercher à obtenir une offre supérieure». Le projet concurrent de Cutrale et Safra proposait un rachat de Chiquita en numéraire au prix de 13 dollars par action, faisant ressortir une prime de 29% sur le cours de clôture de la cible juste avant l’annonce de leur offre.
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