La consolidation avortée du marché danois pèse sur les télécoms en Europe
L’opposition de la Commission européenne a eu raison du projet d’alliance entre TeliaSonera et Telenor au Danemark. Les deux opérateurs nordiques ont annoncé vendredi qu’ils renonçaient à y fusionner leurs activités mobiles par le biais d’une coentreprise, ce qui aurait permis «d’accroître le niveau des investissements dans les réseaux et la technologie, au bénéfice des consommateurs danois». Ils ajoutent qu’ils n’ont pu trouver un accord avec Bruxelles sur les conditions de ce rapprochement.
La commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager, ex-ministre danoise de l’Economie, avait ouvert en avril une enquête approfondie sur cette opération. Elle a déclaré que les deux groupes n’avaient pas proposé assez de concessions pour remédier à de possibles distorsions de concurrence et qu’elle jugeait «nécessaire d’avoir un quatrième opérateur mobile» au Danemark. Ceux-ci avaient proposé de céder à un nouvel entrant 40% de la société TT-Netvaerket, qui gère depuis 2012 leurs infrastructures mobiles partagées dans ce pays.
Cette fusion avortée leur aurait permis de contrôler 40% du marché danois et de talonner l’ex-opérateur historique TDC, dont le titre a plongé de 7,7%. Les investisseurs anticipent en effet désormais une poursuite de l’érosion des marges déjà faibles sur ce marché et TDC «aura du mal à maintenir son dividende au niveau actuel», jugent les analystes de Nordea. TeliaSonera et Telenor, qui «continueront à examiner leurs options stratégiques» dans ce pays, ont vu leur cours de Bourse céder respectivement 1,1% et 1,6%.
Margrethe Vestager a souligné qu’il ne fallait pas extrapoler ce cas à d’autres transactions qui attendent l’aval de Bruxelles qui se déterminera «en fonction des caractéristiques propres à chaque marché national». La Commission rendra avant le 16 octobre sa décision sur le rachat par Hutchison Whampoa de O2, filiale britannique de l’espagnol Telefonica, et elle se prononcera ultérieurement sur la coentreprise italienne entre le conglomérat de Hong-Kong et Wind, contrôlé par le russe Vimpelcom.
Après le passage de quatre à trois opérateurs en Irlande, en Autriche et en Allemagne, ce durcissement réglementaire «aura pour effet de ralentir d’autres discussions afférentes à des fusions potentielles dans la région», pronostique cependant Kimmo Stenvall, analyste chez Pohjola Bank. La composante télécoms de l’indice Stoxx Europe 600 a perdu 2,3% vendredi, contre un repli de 1% pour l’ensemble de l’indice.
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