La concurrence entre arrangeurs s’exacerbe sur le marché Euro PP
Le marché des placements privés continue d’être très favorable aux émetteurs, avec des acteurs financiers qui peinent à trouver autant d’opérations qu’ils le souhaiteraient. «Dans un marché très liquide, les intermédiaires se montrent plus agressifs pour remporter des mandats d’arrangeurs et les prêteurs sont confrontés à un problème de chargement», observe Fabien Calixte, responsable de l’origination placements privés France chez BNP Paribas. Des rôles de «co-arrangeurs» sont apparus dans des opérations récentes, témoignant de l’intensification de la concurrence entre les arrangeurs.
Les investisseurs redoutent de faire les frais de la situation. «Certains arrangeurs sont tentés de proposer aux émetteurs des conditions agressives afin de décrocher le mandat destiné à mettre en place un financement. L’alignement avec l’intérêt des investisseurs n’est pas systématique, constate Antoine Maspétiol, responsable dette privée chez Aviva Investors France. Nous sommes pragmatiques et ouverts à la négociation mais notre objectif est d’obtenir des conditions qui soient en ligne avec le risque.»
L'échec de certaines opérations montrerait les limites de ce qu’il est possible de faire accepter aux bailleurs de fonds. «Malgré l’abondance de liquidités, certaines opérations n’ont récemment pas abouti ou n’ont pas eu le succès escompté car les investisseurs ont estimé que le décalage entre le risque et les termes et conditions proposés était trop important», témoigne Antoine Maspétiol. De fait, les arrangeurs trouvent toujours les investisseurs vigilants. «La forte liquidité et le nombre limité d’opérations ont amené les conditions financières à des niveaux très serrés au premier semestre 2015 mais les intervenants sont restés très attentifs aux structures des opérations et demeurent exigeants sur la documentation », estime Guy Silvestre, coresponsable du département Global Capital Markets chez Société Générale.
Plus encore, certains cherchent à contourner l’usage qui veut que, contrairement aux syndications bancaires, les investisseurs ne connaissent pas les noms des autres participants au financement afin qu’ils ne s’entendent pas entre eux. «Des réflexions sont en cours pour mettre en place des clubs deals d’investisseurs mais elles restent préliminaires pour l’instant car cela nécessite une origination et une structuration bien organisées», précise Antoine Maspétiol.
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