La concurrence dans l’aérien pèse sur la rentabilité des acteurs

Ryanair lance un nouvel avertissement sur ses résultats annuels, ne tablant plus que sur un bénéfice net de 500 à 520 millions d’euros
Bruno de Roulhac

Coup dur pour Ryanair. Pour la première fois depuis cinq ans, la compagnie aérienne enregistrera une baisse de son bénéfice net annuel. A l’occasion de la publication de ses résultats semestriels, Ryanair a lancé un nouvel avertissement sur ses résultats 2014 (clos fin mars). La compagnie à bas coûts table désormais sur un bénéfice de 500 à 520 millions d’euros, contre 570 millions prévus précédemment, 587 millions espérés par le consensus Bloomberg, et bien en dessous des 569 millions dégagés en 2013. Sur cette nouvelle, le titre a chuté de 12,60% à 5,33 euros.

Déjà début septembre, la compagnie irlandaise avait prévenu le marché qu’elle ne tablait plus que sur un résultat dans le bas de sa fourchette initiale de 570 à 600 millions. A l’époque, elle avait annoncé des promotions agressives. Des efforts commerciaux qui se sont traduits par une hausse de 6% du trafic en octobre et par une augmentation de 1% du remplissage.

Face à une concurrence forte, Ryanair poursuivra sa politique de prix bas au premier semestre. Si les réservations sont légèrement en avance par rapport à l’an dernier, la pression sur les tarifs et les rendements se poursuit. La compagnie table actuellement sur une baisse des prix de 9% sur son troisième trimestre et jusqu’à 10% sur son quatrième trimestre (avril-juin 2014). Toutefois, Ryanair compte retrouver une croissance forte et rentable dès septembre 2014.

Si Finnair avait également émis un profit warning cet été sur son chiffre d’affaires 2013, début octobre EasyJet avait relevé en haut de fourchette son objectif de bénéfice pour son exercice clos le 30 septembre.

La semaine dernière, Lufthansa a déçu le marché en dévoilant un objectif de bénéfice d’exploitation 2013 de 600 à 700 millions, en hausse par rapport à 2012, mais bien en dessous des 917 millions espérés par le consensus. Pour sa part, Air France-KLM a réduit sa cible d’excédent brut d’exploitation dans le bas de sa fourchette initiale de 2,5 à 3 milliards d’euros, et a repoussé d’un an son objectif de désendettement de 2 milliards d’euros.

Quant à IAG, holding de tête de British Airways et Iberia, il dévoilera vendredi ses résultats pour le troisième trimestre. Son directeur général a récemment annoncé qu’Iberia renouerait avec les bénéfices en 2014 après quatre années de pertes.

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