La concentration s’accélère dans la location de voitures
Avis Budget paye le prix fort pour reprendre Avis Europe. La société de location de voitures propose 3,15 livres en numéraire par action Avis Europe, soit une prime de 60% sur le dernier cours et de 63% sur le cours moyen des trois derniers mois. L’offre valorise la société 635 millions de livres (720 millions d’euros). Soit près de 7,5 fois l’Ebitda 2010, y compris la dette financière nette, selon Avis Europe. «Avis Budget offre une prime considérable, mais quand même moins que Dollar Thrifty», relève un analyste, rappelant que la première transaction se fait sur un multiple de 13 fois le bénéfice et la seconde sur un multiple de 17. En effet, Avis Budget n’abandonne pas pour autant son projet de rachat de Dollar Thrifty Automotive Group dans la bataille qui l’oppose avec Hertz et assure poursuivre les discussions avec les autorités américaines de la concurrence.
Conseillé par Morgan Stanley et Citigroup, Avis Budget financera ce rachat par sa trésorerie et par une émission d’actions potentielle d’un maximum de 250 millions de dollars. La finalisation est attendue en octobre 2011.
Une acquisition «financièrement et stratégiquement convaincante», déclare Ronald L. Nelson, PDG d’Avis Budget, rappelant qu’il l’attendait depuis longtemps. En combinant les deux sociétés, le groupe américain entend dégager plus de 30 millions de dollars de synergies opérationnelles par an. De plus, Avis Budget bénéficiera d’une présence accrue sur les marchés à forte croissance, dont l’Inde et la Chine. Le nouvel ensemble affichera des revenus, en propre ou sous licence, d’environ 7 milliards de dollars dans plus de 150 pays.
Pour Avis Europe, conseillé par Barclays Capital, cette opération permet d’offrir «un retour de cash substantiel et immédiat aux actionnaires». Le conseil d’administration recommande l’opération à l’unanimité. Le belge D’Ieteren, qui détient 59,6% d’Avis Europe, s’est déjà engagé irrévocablement à apporter ses titres. Il devrait ainsi empocher environ 367 millions de livres (415 millions d’euros). Le groupe belge de services à l’automobiliste se dit «dès lors en mesure d’envisager plus rapidement de nouvelles opportunités de développement». D’Ieteren compte aussi réduire sa dette de 946 millions d’euros. Sur une base pro forma 2010, elle serait ramenée à 877 millions, contre 1,8 milliard publié fin 2010. L’impact positif non récurrent sur le résultat net serait de 94 millions d’euros.
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