La chute des prix de l’or change le profil des groupes aurifères
La chute de 30% des cours de l’or en 2013 laissait prévoir une reprise cette année des fusions-acquisitions des mines dont l’activité, dans ce domaine, est tombée l’an dernier à son plus bas niveau depuis 2004. Goldcorp n’a pas attendu longtemps pour donner corps à la prédiction. Le groupe canadien, qui dispute la première place mondiale du secteur à Barrick Gold, a annoncé hier un projet d’OPA sur son compatriote Osisko Mining qui exploite une mine au Québec.
Le montant de l’opération s’élève à 2,6 milliards de dollars canadiens, un peu moins de 1,8 milliard d’euros, et offre aux actionnaires d’Osisko une prime de 15%.
Le mouvement devrait être suivi de répliques dans les prochaines semaines. D’un côté, la baisse des prix de l’or a fragilisé les petits acteurs, souvent concentrés sur le développement d’un seul filon, mettant à mal leurs plans de financement. Plusieurs d’entre eux pourraient ainsi se mettre en vente, comme Osisko vient de le faire. De l’autre, les grands producteurs cherchent à augmenter la taille de leurs ressources pour dégager des économies d’échelle et affronter la hausse des coûts directs et indirects. La marge opérationnelle des cinq plus grands producteurs mondiaux (Barrick, Goldcorp, Newmont, Newcrest, Kinross) devrait ainsi être tombée à 48% en 2013 contre 59% en 2012, selon RBC Capital Markets.
Moody’s a récemment estimé à 1.100 dollars le coût de production d’un once d’or ce qui laisse une marge étroite aux mines pour dégager des cash-flows face à un cours tombé à 1.247 dollars hier. L’agence ne prévoit pas de remontée des cours dans l’immédiat, avec une prévision du prix moyen de 1.100 dollars, contre 1.200 dollars auparavant. Selon Credit Suisse, l’once pourrait même tester la barre des 1.000 dollars cette année.
Moody’s attend ainsi de connaître les résultats du dernier trimestre 2013 pour se faire une idée plus précise de la capacité des groupes miniers à tenir tête à la chute des prix grâce aux mesures d’économies déjà annoncées ou à venir. Mais l’agence a déjà prévenu que la baisse attendue du cours de l’or pourrait l’inciter à abaisser la notation des différents acteurs suivis, au cas par cas, suivant la position de liquidité de chacun. Selon RBC, Newmont devrait avoir été l’an dernier le seul grand producteur d’or à dégager un cash flow libre positif.
{"title":"","image":"80589»,"legend":"Indicateurs du secteur de l’or»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Kevin Warsh propose une Fed «moins communicante»
Les acteurs du secteur financier peuvent y voir une évolution potentiellement positive si cela permet de réagir plus vite et mieux aux données. On peut cependant encore douter que le banquier central nommé par le président Donald Trump soit celui qui cherche ainsi à dépolitiser la Fed. -
Le M&A s'alimente de nouveau au gros gibier
En dépit de moindres volumes, la valeur des opérations de fusions & acquisitions a rebondi durant ce premier semestre 2026, un début d'année marqué par des transactions de grande envergure. L'intérêt des investisseurs se concentre notamment sur les secteurs des télécommunications, de l'énergie, des infrastructures et de l'intelligence artificielle, relèvent les banques d'investissement. -
CRH change de braquet aux Etats-Unis
L’acquisition d’Arcosa en numéraire pour 8,5 milliards de dollars, dette incluse, renforcera la position du groupe irlandais de matériaux de construction dans les infrastructures et l’énergie.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
- Nickel lance un compte pour les pros
Contenu de nos partenaires
-
AdaptationClimatisation : la grande bascule des politiques
Face aux canicules à répétition, le débat sur le dérèglement climatique n’existe plus. Il se déplace sur l’adaptation. En se cristallisant sur la seule question de la clim, devenue très politique -
Commerce internationalLe commerce maritime international en mode agile
De la mer Rouge au détroit d'Ormuz, les crises géopolitiques rebattent les cartes du transport maritime. Armateurs, assureurs et transitaires s'organisent désormais pour naviguer dans un monde où l'incertitude est devenue la norme. A l'occasion du Rendez-vous ParisMAT qui se tient aujourd'hui et demain à Paris, petit tour d'horizon de ce nouveau quotidien -
EXCLUSIFDominique de Villepin : « Il faudra revenir à une taxe carbone »
Retour de l’ISF, taxe carbone, fonds souverain de 100 milliards… L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac dévoile en exclusivité les grandes lignes de son programme économique pour l’élection présidentielle de 2027