La Chine lance le mouvement de concentration dans le ferroviaire
La Chine veut mettre de l’ordre dans son industrie ferroviaire. Selon la presse officielle, le gouvernement a engagé le processus de fusion entre les deux grands fabricants de trains du pays, CNR et CSR. Des groupes de travail planchent sur les modalités du rapprochement avec l’appui de la banque China International Capital. La question de la répartition du pouvoir entre les dirigeants des deux groupes n’aurait toujours pas été tranchée, selon la presse chinoise. La cotation des actions CNR et CSR est suspendue depuis lundi à la Bourse de Hong Kong. Le groupe fusionné afficherait une capitalisation boursière de 26 milliards de dollars, quatre fois supérieure à celle du canadien Bombardier.
Après leur avoir accordé leur indépendance au début des années 2000 pour renforcer la concurrence et accélérer le déploiement du transport ferroviaire dans le pays, le gouvernement chinois compte aujourd’hui créer un champion national en mesure de concourir dans de meilleures dispositions à l’étranger face aux industriels japonais comme Hitachi et Kawasaki Heavy Industries, mais aussi face à Siemens, Bombardier et Alstom. CNR a remporté la semaine dernière un contrat avec le métro de Boston, pour un montant de 567 millions de dollars. Mais jusqu’à présent, ni CNR, ni CSR n’avaient réussi à pénétrer le marché américain. La fusion permettrait également de mutualiser les charges de R&D notamment. «Le rapprochement aurait un effet positif de 14% sur le bénéfice du groupe fusionné», calculent les analystes de Barclays.
Ce projet «renforce la nécessité d’une consolidation des constructeurs occidentaux», lancent les analystes de Commerzbank. Plus petit que Siemens et Bombardier, et prochainement concentré sur le ferroviaire, Alstom pourrait ainsi devenir un objet de convoitises une fois l’opération signée avec General Electric. La semaine dernière, les analystes de la Société Générale notaient que les cours actuels d’Alstom, autour de 27 euros par action, valorisent seulement 0,3 fois les ventes et 5 fois le résultat d’exploitation de la division transport, soit une décote de 50% par rapport à la moyenne du secteur. Alstom publiera ses résultats semestriels le 5 novembre. Il pourrait classer ses activités énergies en activités non poursuivies afin de mettre mieux en lumière les résultats de sa division de transports ferroviaires.
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