La cession de Genesys donnerait de l’air à Alcatel Lucent

Le groupe pourrait récupérer un milliard d’euros. De quoi rembourser une partie de sa dette et alléger ses coûts de financement
Olivier Pinaud
Photo: Bloomberg
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Alcatel-Lucent et le fonds d’investissement Permira ont refusé hier de commenter l’article du Financial Times annonçant un prochain accord sur la cession de Genesys, la société de logiciels de centres d’appels de l’équipementier en télécoms. Si beaucoup d’analystes se montraient hier dubitatifs face au prix de 1,5 milliard de dollars (1 milliard d’euros) évoqué par le quotidien, représentant environ 1 fois le chiffre d’affaires de la filiale, tous saluaient l’intérêt de l’opération pour le groupe franco-américain. Hier, l’action a gagné 5,26% à 2,18 euros.

«Cette cession lui permettrait de consolider son bilan et ainsi d’améliorer le sentiment sur sa situation financière en dépit d’un contexte économique difficile», indique un analyste crédit, alors que le CDS Alcatel-Lucent se traitait hier à 920 points de base. «Le cash sera utilisé pour assainir le bilan, en remboursant par anticipation une partie de la dette la plus coûteuse», appuie Vincent Maulay chez Oddo Securities. En 2010, les coûts de financement d’Alcatel-Lucent se sont élevés à 304 millions d’euros en 2010, pour un ebitda de 2 millions d’euros. Au 30 juin 2011, le groupe portait une dette brute de 4,42 milliards d’euros, pour un peu plus de 4 milliards de trésorerie.

Alcatel-Lucent a notamment émis en décembre 2010 un emprunt obligataire d’un montant nominal de 500 millions d’euros, avec une maturité au 15 janvier 2016 et à un taux de 8,5%. Celui-ci était destiné à refinancer en partie l’Oceane à 4,75% due le 1er janvier 2011 pour un montant de 818 millions. Or, d’autres échéances attendent encore Alcatel-Lucent: 408 millions en 2013, 574 millions en 2014, 899 millions en 2015 et 2,12 milliards les années suivantes. L’équipementier en télécoms a émis en 2009 une Oceane (5%) d’un montant d’un milliard d’euros et arrivant à maturité en janvier 2015.

Récemment, les analystes de Cheuvreux rappelaient que cette structure de financement ne répondait pas aux standards du secteur, encore moins dans une période de dégradation de l’activité. Même si elle s’est nettement redressée ces derniers trimestres, la marge d’exploitation d’Alcatel-Lucent devrait ne devrait dépasser que 5% cette année, selon les prévisions confirmées en juillet dernier par la direction. Un coussin de securité relativement mince. Le groupe publie ses résultats trimestriels le 4 novembre.

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