La Bourse des PME ne verra pas le jour en 2012
Le Haut comité de Place qui devait installer la Bourse des PME avant la fin de l’année n’aura pas lieu. Les différents acteurs de la Place qui se sont réunis longuement jeudi soir sous l’égide de Bercy ne se sont pas accordés sur le projet de Nyse Euronext. Certains participants contactés par L’Agefi, à commencer par Bercy, ont opté pour le silence absolu, qui semble désormais de rigueur. Seule l’entreprise de marché a expliqué que d’autres réunions étaient prévues au cours du mois de janvier et que le Haut comité de Place ne se réunirait donc pas avant la fin de l’année.
Pourtant, le 5 décembre dernier, lorsque Nyse Euronext avait enfin dévoilé son projet paneuropéen dédié aux PME-ETI, la Place avait largement salué cette annonce. En revanche, elle a souligné son contenu, très largement insuffisant, lorsqu’on le compare au rapport Rameix-Giami de novembre 2011 ou aux 30 recommandations du Comité d’orientation stratégique (COS) de Nyse Euronext d’octobre 2012. Or, une réforme fondamentale était espérée.
Pour l’heure, Nyse Euronext propose seulement de mettre sur la table 2,3 millions d’euros supplémentaires (un budget annuel de 18 millions d’euros en hausse de 15% par rapport à 2012) sur ses quatre marchés (France, Belgique, Pays-Bas et Portugal) et d’engager 10 personnes supplémentaires l’an prochain, soit une équipe de 50 personnes. L’entreprise de marché s’engage aussi à réduire de 10% ses frais de cotation et de 50% ses frais de transfert vers Alternext.
Beaucoup estime ces moyens largement insuffisants pour relancer le financement des PME par le marché, alors que des efforts importants en région étaient espérés. D’autre part, la gouvernance proposée, contrôlée à 50% par Nyse Euronext et accueillant des membres des écosystèmes des quatre pays risque d’être complexe à mettre en œuvre.
Bercy semble avoir entendu le mécontentement de la Place et ne pas vouloir passer sous les fourches caudines de Nyse Euronext. Alors que le projet est sur la table depuis de très nombreux mois, l’enjeu est désormais clair. Soit Nyse Euronext amende très largement son projet pour reprendre les préconisations du COS.
Soit Bercy opte pour une solution alternative, une infrastructure de marché sans Nyse Euronext, ce que proposait MiddleNext dès l’origine. En aucun cas, Bercy ne peut se permettre de prendre la responsabilité d’un échec à terme de ce projet.
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