La bataille autour de Foncière Paris France s’intensifie

PHRV relève son offre de 10 % à 110 euros par action, ce qui représente encore une décote de 18 % sur l’ANR de FPF à fin juin
Bruno de Roulhac

Avant même d’avoir reçu le visa de l’AMF pour son projet d’OPA sur Foncière Paris France (FPF), PHRV a relevé son offre de 10%, de 100 à 110 euros par action. Malgré un rebond de 7,09 % vendredi, l’action cote encore en-dessous, à 108,75 euros. Les offres sur les autres instruments financiers sont aussi relevées, de 8% et 3% sur les OSRA 2006 et 2010, mais de 72% sur les BSA 2005, et même de 120% sur les BSA 2010. L’effort fait sur les bons peut marquer la volonté de PHRV de séduire les actionnaires, notamment les dirigeants fondateurs, détenteurs des BSA 2005. Toutefois, ces prix «ont été établis entre les différents instruments en cohérence avec les calculs du cabinet Détroyat», explique PHRV.

Les termes de l’offre «demeurent largement sous-évalués par rapport à la valeur intrinsèque de la société», a rétorqué FPF dans un communiqué, estimant «décent» le prix de 117 euros qu’il proposera pour son offre publique de rachat d’actions (OPRA). Le conseil de la foncière se réunira en fin de semaine ou début de semaine prochaine pour émettre un avis motivé.

Le prix offert représente encore une décote de 18% par rapport à l’actif net réévalué (ANR) de 135 euros fin juin. « La décote demeure élevée, la plus forte depuis une douzaine d’années sur les foncières françaises, mais compte tenu de l’effondrement du secteur en Bourse – Gecina se traite avec une décote de l’ordre de 50% – je conseille d’apporter à ce prix», confie Benoît Faure-Jarrosson, analyste chez Invest Securities. Pour sa part, Kempen a un objectif de cours de 111 euros, en ligne avec la nouvelle offre.

La société a déjà exposé sa défense, avec son OPRA à 117 euros. Toutefois, cette offre ne concerne que 25% du capital, alors que l’OPA vise tous les titres. Elle ne pourra avoir lieu qu’après l’OPA de PHRV et surtout elle doit être approuvée par les deux tiers des actionnaires réunis le 8 décembre. Lors de cette AG, les actionnaires seront également appelés à approuver, à la majorité simple, une indemnité de départ de deux ans de rémunération fixe et variable pour trois dirigeants «en cas de révocation ou de départ lié à un changement de contrôle ou à un changement de stratégie». Une «mise en conformité avec les habitudes des foncières», assure Jean-Paul Dumortier, PDG de FPF. Une indemnité qui arrive à point nommé, d’autant que la rémunération brute des trois mandataires sociaux a rebondi de 23% au premier semestre.

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